{ 1. Par le Très Saint Nom de la Divinité,
par Essence et par Excellence le Miséricordieux
2. La Louange est à la Divinité, Seigneur des Mondes,
3. Miséricordieuse par Essence et par Excellence
4. Ô Souverain du Jour de l'Allégeance
5. A Toi toute notre dévotion
A Toi toutes nos implorations!
6. Orientes-nous sur la voie des Rectifiés
7. Voie de ceux dont les Grâces sont Tiennes
8. Non pas celle de ceux dont la Véhémence est Tienne
9. Ni celle des Egarés }
Amen
Les Saints Mystères de la Fatiha (la Sûrat Ouvrante)
Al-Fatiha est une invocation destinée à purifier le coeur afin de recevoir l'orientation intérieure, la Niyyah qui constitue la pierre philosophale de l'alchimique islam; Niyyah qui est travaillée par la discipline pour faire émerger les bienfaits d'Allah.
Ces bienfaits ont l'apparence de la Grâce dans le coeur du fidèle, car bien que résultats de son action personnelle en adéquation harmonieuse avec avec le Réel (Haqîqa), son être en propre n'est capable d'agir que par le Souffle qui lui a été donné, le Ruh, et la réunion des conditions du succès.
Autrement dit, il n'est qu'agent d''Alamîn dont le gouvernement est tout entier dans les mains d'Allah. Cette parfaite harmonie créatrice de bienfaits est l'unité cosmique, communion des énergies déployées par l'Origine Première grâce aux vertues du Très Saint Nom.
Or ce Très Saint Nom n'est pas évoqué explicitement, parce qu'il est implicite: il est le Nom Saint, le Shem Ameforash, gravé dans le coeur du fidèle comme porté par un golem animé, Nom Inexprimable, Saveur Spirituelle (Dhawq), qu'aucune formulation ne peut contenir, car il emplit l'être et ne peut être réduit à une expression, une formule, une diction ou une écriture.
Ce que nous savons du Très Saint Nom, c'est qu'il s'agit du Logos, du Kalâm lui-même, le Verbe créant-ordonnant agent divin uni à Allah car il est en Dieu et Dieu est en lui.
Les Rectifiés sont ceux qui ont accompli le "Jour de la Discipline",
et comme réalisation des Mondes ('Alamîn), ont pénettré l'éternelle rétribution des Ressuscités, par la faveur de la divine Miséricorde. Ils sont sauvés des ténèbres de la véhémence et des dérives de la perdition, ils ont trouvé leur nature ontologique dans le Très Saint Nom, sont rentrés dans la gloire suprême, libérés des entraves du "bas-monde", Dunîa. La Grande Résurection est Illumination.
Verset 1:
Il s'agit de la seule sûrat où le Basmalah est incorporée comme Verset (Aya).
Ce qui est d'ailleurs surprenant, c'est que dans la prière, l'orateur prononce cette formule en son intérieur et ne chante qu'à partir du second verset, car comme cela a été dit, le Basmalah renvoi au Shem Ameforash, le Nom Secret et Imprononcable du Divin, un Nom Saint que seul le for-intérieur peut saisir. Chacun, lors de la prière, sachant que l'orateur va lancer la Fatiha, le proclame en son coeur.
Verset 2-3:
L'Ouverture est structurée par le Basmalah,
suivi d'une louange destinée à nous rappeler les bienfaits de la Divinité
et l'inspiration divine dans le bien dit ou accompli par nous à titre d'intercesseurs,
émanant seulement de la chaïne causale "karmique", celle du Maktûb,
dont l'Alpha et l'Oméga sont en Dieu exalté.
Décrite comme Seigneur des Mondes,
la Divinité est au-delà des sphères d'existence,
les intégrant toutes.
La multiplicité des Mondes n'est pas sans rappeler la multitude des plans sur lesquels nous vivons:
le plan physique, éthérique, astral...
La redondance du Basmalah en verset 3 est insistance sur la qualité qui seule permet à l'homme de s'adresser à son Seigneur: La Miséricorde Fondamentale d'Allah.
Verset 4-5:
Le Jour de l'Allégeance -ou Jugement Dernier- est bien une Apocalypse,
c'est à dire une Révélation,
car l'Allégeance est un sentiment intérieur, un positionnement d'esprit.
Aussi est-il intemporel et permanent,
il n'a pas qu'une dimension eschatologique,
mais intrasèquement initiatique.
Allah est Souverain sur tout,
non exclusivement sur le Jugement des Ames.
Cette délimitation est de nature à nous faire comprendre qu'en ce qui concerne le Jugement,
Lui et Lui seul détient les clefs du bonheur et de la souffrance,
de la réparation et de la peine.
Le Cinquième Aya est d'une profondeur manifeste.
L'adoration qui est dévotion manifeste est toute orientée vers l'Allégeance,
de même les implorations du coeur sont tout à fait tournées vers Allah
Qui les reçoit de par la transparence de nos sentiments à l'égard de notre conduite.
Etant Le Tout Universel, "l'Entité-Mondes"-,
nous communiquons avec Lui par chacune de nos actions,
réactions,
paroles.
Verset 6-7:
La Fatîha s'achève sur une demande,
annoncée par les implorations du verset précédent.
Ce qui est suggéré dans cette prière est l'ouverture de l'Oreille Intérieure à la Guidance providentielle
afin de rectifier le comportement,
de lui rendre sa direction rectiligne originelle,
naturelle.
Ce qui est recherché est clairement l'alchimie mystique,
le redressement de la Kundalini, prosaïquement l'Epouse Spirituelle ou Houri.
C'est un état de paix avec le monde, de gratitude.
Il est opposé à deux attitudes par lesquelles les croyants s'éloignent de la Voie,
la colère à l'égard du monde
et le délir imaginaire qui l'éloigne de la lucidité à laquelle appelle la spiritualité.
Amîn:
lettriquement voisin de l'Imân, Amen - { Ainsi Soit-Il } en français-,
Proclamé par toute l'assemblée réunie lors de la prière,
résonnant dans un face à face des coeurs,
l'Unité du Saint Esprit,
nous fait prendre part en temps qu'intercesseurs les uns des autres
dans l'élévation de cette prière d'Ouverture
Jusqu'au Saint des Saints.
Dieu seul connait le mystère de { Kun fa Yakun }
{ "Soit" et cela Est },
Et il nous a été enseigné de prononcer l'Amîn émanant du Divin,
Se réfléchissant dans le miroir poli de nos coeurs.
Le rythme et le ton de cette proclamation correspondent en tout point à l'Amen des chrétiens
Qui clôt le Pater enseigné par le Christ.
Précédant: Le Basmalah
Suite: Sûrat Al-Baqara, Verset 1: 'Alif-Lam-Mîm
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