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Parole de Sagesse

"Ne considère point si l'auteur d'un tel livre
Fut plus ou moins savant;
Mais s'il dit vérité, s'il t'apprend à bien vivre,
feuillette-le souvent.
Quand son instruction est salutaire et bonne,
Donne-lui prompt crédit;
Et, sans examiner quel maître te la donne,
Songe à ce qu'il te dit"

 
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Durant des siècles –plus d’un millénaire- les initiés du soufisme ont du se cacher pour préserver leurs secrets et éviter les persécutions de la société civile islamique. Aujourd’hui, ils trouvent en terre occidentale, et plus spécifiquement dans la France laïque un asile de paix pour dévoiler les mystères de leur science mystique et philosophique : la gnose.
 
Ennemis jurés des fondamentalistes, les soufis prônent un islam pratique, critique, pacifique, souple et réfléchi. Revendiquant qu’être soufi exige de vivre dans son temps, ils sont l’avant-garde du progressisme en islam et leur message s’adresse au-delà de la communauté musulmane (Umma) à tout un chacun dans la fraternité humaine universelle.
 
Leur enseignement est ici présenté de manière épurée et sans concessions pour démontrer que leur sagesse ne demande aucune croyance particulière mais juste une adhésion spirituelle au projet d’élévation collective ainsi qu’un enthousiasme, une détermination, une volonté d’amour pour le don gracieux de l’existence.
 
Le Djihad de l’Amour est là pour montrer comment la compassion, le pardon et l’amour triomphant font l’essence du soufisme par delà les frontières exotériques du culte musulman, comment les soufis ont à nous apprendre une sagesse longtemps écartée par les leurs car peut-être, le fruit de cette Tradition n’aurait été destiné qu’aux fils de l’occident, héritiers de la philosophie des anciens et engagés dans la modernité ...
 
Le Djihad de l’Amour, c’est un dialogue entre le Murîd et le Scheikh, ici baptisé Saïd Ishaq.
Ces dialogues sont imaginaires, mais réalistes. A vous d’y croire ou pas !!!

Que la Paix accompagne vos pensées et vos respirations en chaque instant.

Salam
Samedi 25 août 2007
par Salam publié dans : Le Djihad de l'Amour communauté : La Tariqa des Califes
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Vénérable Scheikh Saïd Ishaq, qu’est-ce que le soufisme ?
 
Le soufisme ne se comprend pas avec l’intelligence discriminative,
Il se comprend avec le coeur.
Ca n’est pas une doctrine construite
Mais une réalité intérieure.
 
Le support doctrinal n’est pas là pour fermer la porte à la spontanéité
Mais pour aider la préparation de l’alchimie intérieure,
Apporter une pédagogie de cet indescriptible vécu qu’est le tassawuf,
Le cheminement spirituel.
 
De même les rites soufis ne constituent que des outils au service
De l’ascension de l’être humain vers la noblesse d’âme.
 
 Le soufi est celui qui pactise avec les pieux initiés,
Hommes et femmes ayant réalisé ce chemin.
Ce qui définit le soufisme, c’est son djihad :
Le djihad de l’amour universel.
 
C’est un engagement ferme dans la voie de la conciliation
Avec notre Moi et avec le Ca,
Une voie d’harmonie avec notre lumière ésotérique et la lumière exotérique.
 
Le soufisme c’est l’art de vivre en plénitude
Et d’atteindre les limites de l’ego,
Là où il se dissout dans l’espace saturé de bontés.
 
C’est un coeur à coeur avec le monde,
Une extase permanente,
Une sanctification de notre individualité
Dans l’Unité d’Esprit.
 
C’est communiquer profondément
Avec Soi et l’Univers.
Samedi 25 août 2007
par Salam publié dans : Le Djihad de l'Amour communauté : La Tariqa des Califes
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Comment parvient-on à cette communication, vénérable ?
 
Tout d’abord, l’Unité d’Esprit –ou Communion- n’est pas un état qui nous soit étranger
Et qu’il faudrait acquérir...
C’est en nous,
Au plus profond de notre être dans le « Fond du coeur » (fu’ad),
C’est notre vibration naturelle (fitra).
Pour reprendre la mystique de l’Islam,
Nous sommes l’image et la ressemblance de Dieu
Bien que nous soyons tous différents.
 
Au-delà de la diversité des formes
Est une vérité de fond :
Nous sommes d’ores et déjà
Le corps de l’univers,
Notre respiration est celle d’une alvéole du poumon des mondes.
 
Ceci nous amène à l’humilité :
Le soufi est conscient de son appartenance à la sphère du « créé »
Et il est aussi conscient d’être subordonné au « Créant »
Et à « l’Incréé ».
 
Pour le soufi,
L’Incréé crée le créé
Par l’action du kalâm –c’est-à-dire du Verbe-
Par l’élaboration de paradigmes d’existentiation de l’univers,
Ce qu’il appelle le maktûb.
 
Etant relié au cosmos par sa dimension matérielle naturelle,
Son esprit méditant sur la condition humaine,
Le soufi sait qu’il est Un fondamentalement
Avec la matrice universelle
Si bien qu’il ne ressent pas la solitude avec amertume.
 
C’est dans la conscience
Qu’il cultive le ressourcement
Dont il a besoin pour se régénérer.
Pour développer l’harmonie vibratoire
Et pour apprécier chaque instant.
 
Pour alimenter cette conscience
Il se remémore avec assiduité
Le Triple Rappel :
Gloire,
Louange,
Grandeur Infinie.
 
Subhana Llah ou « gloire à la divinité »
Fait percevoir la magnificence du cosmos,
Visualiser la conjonction des paramètres
Ayant conduit à nous permettre d’être là,
Tout simplement,
Et de pouvoir faire ce que nous voulons
 
Hamdu li-Llahi ou « Louange à la divinité »
Est un Alléluia de l’exaltation,
Laissant l’esprit s’épanouir
Dans la plénitude de l’expérience instantanée
D’Être.
 
.Allahu Akbar ou « Grandiose est la Divinité »
Est une célébration de l’immensité des possibles,
Ce dhikr sert à « faire grandir Allah » en soi
Par un échauffement spirituel et à redescendre
A un état de conscience de notre modestie.
 
La courbe d’intensité extatique du Triple Rappel
Forme une cloche,
Trouvant son apothéose dans la louange
Hamdu li-Llahi
Qu’à travers nous
Le principe divin célèbre et chante.
 
C’est le mystère de l’Unicité, le Tawhîd.
Comme il est dit dans le Noble Coran :
Nous sommes formés d’une seule et même âme
En notre origine.
Dimanche 26 août 2007
par Salam publié dans : Le Djihad de l'Amour communauté : La Tariqa des Califes
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Mais pourquoi développer la conscience de cette unicité, ô vénérable ?
A quelles fins sert cette pratique ?
 
L’Unité d’Esprit est un refuge sûr
Contre les agressions des énergies négatives,
Les barzakh.
Les barzakh se caractérisent par l’influence passionnelle
Sur l’ego ou âme charnelle (nafs),
Ces extrêmes nous tiraillent sur le plan émotionnel
Et nous coupent de notre source de bonté fondamentale.
 
C’est un moyen de rester serein dans la tempête
Comme Seyyidina Yeshua (Jésus-Christ)
Au fond de sa barque
Au moment où les éléments se déchainaient tout alentour.
Avec le Triple Rappel
Et la conscience d’Unité
Nous arrêtons le temps intérieur
Pour contempler l’action que nous effectuons
Et permettre à tous les bénéfices moraux
De prendre place dans notre humeur.
 
Le Triple Rappel est un exercice qui accentue
Notre volonté de prendre place dans notre bonté essentielle.
Peu à peu,
On s’installe dans notre coeur
Et on le purifie de toute négativité.
Dimanche 26 août 2007
par Salam publié dans : Le Djihad de l'Amour communauté : La Tariqa des Califes
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« Qu’est-ce que la bonté essencielle ? Les êtres ne sont ni bons ni mauvais hors de la pensée dualisante... La pensée dualisante n’est-elle pas une illusion ?
 
Ce que la tiltila appelle bonté essencielle,
C’est la grâce (rahma),
Le précieux cadeau que représente
L’existence dans le monde
De l’altérité cosmique.
La dualité bien/mal est une charge pour l’être humain,
C’est son lot d’être conscient.
 
L’homme suit un conditionnement de dualisme,
Mais par l’apprentissage que constitue l’initiation
Il s’en libère
Et revient à l’idée
Que tout ce qui est
Contient une positivité exprimée ou latente.
 
Etre conscient de la beauté des choses,
Subjective,
C’est célébrer notre émotionnel
Comme pôle véritable de notre esprit.
C’est accorder à notre sensibilité
Ses pleins droits,
Pour échapper au sort
De la frigidité morale.
 
La discipline du soufi
N’est pas une entrave pesant sur le coeur
Mais au contraire
Une ablution du for-intérieur,
Un décrassage des impuretés du barzakh
Qui se déposent insidieusement
Dans notre inconscient,
Rejaillissant dans notre état intérieur.
 
Le coeur est un miroir
Pour la lumière sainte,
Celle de l’espace au coeur de la matière.
Le Triple Rappel est un polissage du miroir,
C’est un exercice visant
La circoncision de la conscience émotive
Pour l’imbiber de compassion
Et humidifier,
Assouplir le coeur.
 
Le Triple Rappel alimente la conscience émotive
D’amour pour Ce qui Est,
D’acceptation et d’accueil pour les formes
Qui manifestent notre univers.
 
C’est là la bonté essentielle :
Un amour inconditionnel
De totale absence de possessivité
Vis-à-vis de la réalité du monde,
Crue et sans artifices,
Avec son lot de calamités,
D’atrocités, d’aberrations.
 
Accueillir,
C’est une force.
Plutôt que d’être terrifiés par notre situation
Ou ce que nous contemplons,
Plutôt que de nier Ce qui Est
Et de forcer les choses,
Nous choisissons avec force
De l’accueillir
Et de prendre place avec compassion
Dans cette contemplation.
 
Par l’accueil,
Nous guérissons notre regard,
Le lavant par les larmes
De notre pure conscience,
Notre charité d’âme
Issue de l’enfance naïve,
L’état premier à reconquérir.
Lundi 27 août 2007
par Salam publié dans : Le Djihad de l'Amour communauté : La Tariqa des Califes
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Mais très honorable guide, comment pouvons-nous accepter, accueillir, aimer la souffrance ? Comment pardonner ceux qui l’entretiennent ?
 
Très certainement en comprenant.
Inévitablement,
Toute chose qui advient a ses causes.
En apprenant à connaître ces causes,
Nous pouvons nous ouvrir à la logique universelle
Qui conduit à l’existence de cette souffrance.
 
A un degré plus avancé du soufisme,
Dans la gnose –c’est-à-dire la Connaissance Transcendantale-
Nous pouvons admirer dans la souffrance
La similarité avec ce que ressent
Le nouveau-né au sortir de la mère,
C’est un instant d’intime présence
A notre fragilité.
 
Accueillir,
Cueillir la souffrance,
S’est admettre que notre existence soit éphémère
Et que la sécurité en ce monde
Est pure fantasmagorie.
 
Dès lors,
Par une assise dans cet état d’esprit,
Nous nous dégageons de la négativité
Qui nous fait ré-agir,
C’est-à-dire reproduire un schéma d’actions inconscientes
Destructrices ou inefficaces.
 
Ainsi nous nous libérons,
Trouvant là,
Dans l’Etre,
Dans l’Entité-Monde
Une sécurité authentique
Par-delà les impermanences
Des formes sporadiques.
 
La souffrance existe
Parce que l’expérience vécue est vraie
Et que nous ne pouvons rien contre cette vérité.
C’est donc une soupape
Pour préparer un deuil
Et redémarrer ensuite
Sur une condition plus humble.
 
Il n’y a donc pas de cruauté dans le maktûb,
Le tissu des existences.
Il n’y a qu’un mécanisme transitionnel,
Comme un serpent qui changerait de peau
Serait muni d’un épiderme plus sensible
Avant que celui-ci ne s’endurcisse à son tour.
 
La souffrance est la preuve que nous existons,
Que le monde sensible n’est pas une illusion.
Il convient donc d’accueillir l’utilité de la souffrance
Pour la temporiser,
Endurer avec patience la situation vécue
Avant de mobiliser les forces de progression.
 
D’où le mythe de la Résurrection du corps,
Car ressusciter,
C’est redémarrer,
Se remettre en branle,
Se relancer.
 
L’espoir de la résurrection
Ne doit pas alimenter un refus,
Une fragilité dans la pleine acceptation
De notre condition humaine.
 
L’espérance telle que l’entend le soufisme
Consiste à relativiser,
A voir plus loin
Et à donner un sens à la souffrance.
C’est la Transcendance.
 
Pour y parvenir,
Il faut tirer parti de l’échec dans la bataille
Sans se démotiver
Dans le djihad de l’amour
Et la quête du bonheur.
C’est là qu’il convient de croire,
Croire dans le bien-fondé de la situation
Et dans les possibilités d’amélioration,
Dans la perfectibilité.
 
Croire que la souffrance est un état d’esprit stérile
Et que nous avons le potentiel
De remonter la pente
Pour ne plus subir.
 
Alors nous utilisons les ressources cachées de notre être
Pour retourner l’assaut
Et reprendre l’initiative.
 
Nous ne nous laissons pas submerger
Par l’opacité du négatif,
Nous écartons les brumes
Par le développement de notre volonté,
Par l’exactitude et la conformité de nos intentions.
 
On visualise l’objectif
Puis on déclare son intention
Avec détermination
Et on se donne les moyens de réussir.
La meilleure réponse à la souffrance,
C’est l’action créatrice.
Lundi 27 août 2007
par Salam publié dans : Le Djihad de l'Amour communauté : La Tariqa des Califes
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Justement ô vénérable... quel sens pouvons-nous donner à la vie qui n’en a pas, qui est une errance, une aberration ?
 
Ce qui donne sens à l’existence en ce monde (dunya)
C’est l’adoration.
Très exactement, on pourrait définir
Le verbe « adorer »
Par « donner un sens »,
Orienter.
 
Reste à définir le but que nous nous fixons
Pour diriger cette adoration,
L’objet vers lequel tend naturellement l’adoration.
Pour le soufi
Ce but est Amour (mahabba).
Ce qu’il s’agit d’aimer ?
Ce qui Est,
La réalité divine.
 
Allah n’est pas une créature
Déterminée
Aux capacités quantifiables,
Dénombrables,
Ce n’est pas un dieu anthropomorphique
En dehors duquel
Il y aurait les créatures multiples
Dont nous faisons parti...
 
Allah
C’est Al-Llah,
Le Divin.
« Lâ illaha illâ Llâh »
Compris comme
« Il n’y a de dieux mais le Divin »
Est la substance du soufisme.
Le divin n’est pas un dieu au sens ou on l’entend...
Dieu est la personnification de ce divin,
De cette troisième personne du singulier,
Ce pronom indéfini « on »
Qui n’est ni vraiment « il » ou « elle »
Qui est plutôt «  ».
« On » nous a créés.
Nous sommes les témoins de «  ».
Allah !
Lundi 27 août 2007
par Salam publié dans : Le Djihad de l'Amour communauté : La Tariqa des Califes
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La plupart des gens sont conscients
Que leur souffrance provient
Des insufflations de leur coeur.
 
Cependant beaucoup pensent à tort
Que le coeur est le prisonnier des passions
Et que seule la raison peut les en libérer.
 
Ainsi certaines personnes vivent un exil de leur conscience
Dans leur cerveau
Alors que le centre même de la conscience est le coeur,
L’Affect.
 
En réalité, il ne s’agit pas de dresser son coeur par la force de la raison
Mais bien plutôt de le libérer de ses passions,
Le « rectifier » comme disent les alchimistes
Afin qu’il tende non plus vers l’éphémère mais vers l’absolu,
Le sacré.
 
Si le coeur est le théâtre de la souffrance,
Il est aussi la source de la guérison,
Il est le siège de la santé.
 
Jamais nous ne pouvons prétendre agir, penser indépendamment de considérations affectives.
Mercredi 29 août 2007
par Salam publié dans : Le Djihad de l'Amour communauté : Esotérisme et Spiritualité
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Mais ô sublîme scheikh, n’est-ce pas là une vision hérétique de parler ainsi d’Allah ? Allah ne serait pas une personne... mais une... chose !?
 
Allah n’est pas une personne,
Il est bien plus ;
Une qualité !
 
C’est d’ailleurs ce qui fait
Qu’on ne peut douter qu’Il existe
Car la sacralité 
S’existentialise à travers la création,
Elle Est.
 
On a du la présenter comme une personne
Pour que le peuple accède par la vision
A des concepts mystiques
Tels que la Volonté Divine,
La Révélation,
La faculté Sainte Prophétique...
 
« On » a fait parler Allah
Dans un langage d’hommes
Pour que les esprits les plus étroits,
Soumis à la pensée superstitieuse
Puissent contempler la véritable nature du monde,
Son entité,
Sa conscience.
 
Cette conscience de la divine réalité est en l’homme,
C’est aussi pourquoi nous disons que l’homme est l’image de Dieu.
La différence est que l’homme est un être individualisé,
Un phénomène sporadique
Alors qu’Allah est la qualité éternelle
De la matrice des mondes.
 
Allah n’est pas une personne, plutôt une entité vivante,
La substance de ce qui est,
L’Etre Unique de toutes les formes,
Par delà l’être et le non-être.
 
C’est là qu’Il concilie les notions de personne
Et de non-personne,
Car Il est au-delà des notions,
Une force indescriptible
Dont la beauté dépasse
Tout ce que l’imagination embrasse.
 
Il n’y a pas de dieu sinon dans l’esprit des hommes,
Mais le Divin
-Le Principe Existentiateur-
S’Il n’était pas prééminent à l’homme,
Nous ne serions pas là !
 
La pratique du soufisme
Repousse le Divin au delà des limites humaines,
Elle considère la Présence du Divin
Dans les êtres et les choses créées.
 
La divinité est la qualité sacrée de ce qui est,
C’est le Moi Universel.
Cette sacralité du cosmos
Et donc de nous-mêmes
Est vécue naturellement,
C’est le respect, ou pour ainsi dire,
La conformité.
 
Il est évident qu’on ne doit pas négliger notre monde,
Notre prochain,
Notre famille,
Nous-mêmes.
 
La notion de divinité introduit la supériorité vécue
De cet amour et de cette attention au monde.
Considérer la sacralité de quelque chose
C’est nourrir une profonde dévotion pour elle.
 
Or toutes les pseudo-divinités
Ne paraissent comme sacrées
Que par le sacré en Lui-même,
Le Divin, Allah, qui les recouvre.
 
Par conséquent
C’est directement vers Lui seul
Que doit s’orienter l’adoration.
 
Les dieux ne sont que des fantasmagories,
Des projections de la Divinité
Qui est recherchée par l’esprit
A travers la représentation.
 
C’est Allah qui confère,
Qui distille la sacralité à ce qu’Il veut
En nous donnant une vue émerveillée sur la chose,
Comme Il peut la désacraliser en nous en donnant une vue désagréable.
 
Considérer le sacré en soi
Comme point d’attache
Est le meilleur moyen d’éviter de lourdes désillusions
En courant après le bas-monde (dunya).
 
Allah est derrière toute sacralité
Puisqu’Allah,
C’est la sacralité elle-même.
 
Or le sacré pour être consacré
A besoin du regard,
De l’attention des hommes.
Dans cette perspective,
On comprend le sens ésotérique de la tradition
Selon laquelle la Volonté de Dieu est d’être adoré par les hommes
Et qu’Il fit le monde et les hommes pour se mirer à travers cela.
 
Ce n’est pas de l’orgueil ou du narcissisme
Parce qu’Allah n’est pas une personne
Bien qu’Il ait Sa volonté propre.
 
Dans la gnose,
Nous méditons cela
En disant d’Allah qu’Il a besoin de nous
Pour que Sa volonté s’accomplisse,
Cela sans oublier l’efficacité de Sa Toute-Puissance
Mais en valorisant notre « intercession ».
Mercredi 29 août 2007
par Salam publié dans : Le Djihad de l'Amour communauté : La Tariqa des Califes
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Mais quelle est Sa Volonté, ô scheikh ?
 
Plutôt : « qu’est-ce que Sa Volonté?» !
Qu’est-ce que la irâda ?
Allah,
Tel que nous l’avons présenté agit à travers les formes.
Cette action suit des règles cohérentes,
Des paradigmes,
Des arcanes.
 
Comme les moyens déterminent la fin,
Les arcanes déterminent la Volonté.
Comprendre les arcanes est l’accès à la science du réel,
La gnose su soufisme (irfân).
 
C’est ce qu’on appelle la science mystique,
L’Alchimie
Dont le but est d’atteindre l’or philosophal :
La joie incorruptible.
 
Nous constatons en effet que la connaissance
Va de paire avec l’émerveillement
Et détruit les peurs inutiles.
 
On supprime ainsi la crainte
Et ne perdure plus que l’attention aimante.
La Volonté s’accompagne donc d’une joie incorruptible
Puisque nous l’expérimentons
Par la connaissance des paradigmes,
Que nous acceptons et apprenons à accepter.
 
Cet état de joie incorruptible est nommé Jinna
Et la Voie qui y conduit,
La discipline qui permet d’y parvenir
Est une visée soufi.
 
On l’appelle le sîrat,
On y médite en visualisant un sentier
Jeté au-dessus d’un grand vide abyssal.
La discipline épaissi ce chemin sous nos pas,
Elle nous confère l’agilité d’un équilibriste.
 
Le soufi estime que la voie n’est pas tant religieuse
–c’est à dire fondée sur une croyance-
Que sur un savoir transmis par la chaîne initiatique (tiltila)
Et dégagée par l’expérience ;
Une juste perception,
La clairvoyance
Est indispensable à cette étude de la vérité objective.
 
L’idée forte est que la réalité imaginale où se joue le théâtre de nos perceptions est une fantasmagorie,
Une vue de l’esprit.
Ce monde imaginal est fondé sur les mêmes lois que le nôtre,
Mise à part qu’il en est une forme
A la fois amplifiée et réduite
Par le prisme de la subjectivité,
C’est là du domaine de l’expérience personnelle.
 
La religion consiste à définir un ordre moral
Qui assurera la survie collective
Et la pérennisation sociale.
La gnose ne rentre pas dans ces considérations politiciennes,
Elle se limite à être une science,
Elle n’est donc pas religieuse mais philosophique,
Métaphysique.
Samedi 1 septembre 2007
par Salam publié dans : Le Djihad de l'Amour communauté : La Tariqa des Califes
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Toutes ces questions semblent bien loin de nos préoccupations de tous les jours...
Je ne sais si cette science supposée mystique est bien ce que les hommes recherchent...
 
Il en est peu qui la recherchent
Mais il n’y en a pas UN qui n’en ait besoin.
Cette science est indispensable
A l’obtention du succès
Dans les actions quotidiennes.
 
Je ne vous suis pas... éveillez mon coeur maître.
 
Et bien disons que
Nous ne pouvons nous limiter à imaginer notre monde
Et notre Moi
Pour vivre libres.
Il nous faut penser l’action
Et donc apprendre les vraies règles du jeu.
 
C’est ce sur quoi la gnose insiste :
L’étude des arcanes,
Des paradigmes de l’existentiation,
Comment faire exister une situation choisie
Avec les moyens dont nous disposons.
C’est porter un regard rationnel
Sur le miracle de l’existence en action.
 
Il ne s’agit pas de se perdre
Dans une réflexion sur le monde,
Il s’agit de l’appréhender à des fins utiles.
 
Comment fonctionnons-nous ?
Quels sont les mécanismes de la société,
De la culture,
De l’économie ?
Que voulons-nous vraiment atteindre ?
Qu’est-ce que nous considérons comme étant le succès ?
Quels sont nos besoins ?
Comment y répondre ?
Comment nous épanouir dans cette vie ?
 
Le soufi questionne le monde ainsi.
Or il n’y a pas de dogme soufi,
De réponse toute faite.
 
Suivant le soufisme,
La parole divine
-Que constitue la réponse obtenue à ces questions fondamentales, sacrées-
Est laissée à la libre interprétation.
Ainsi n’y a t’il pas une seule
Mais de nombreuses façons de lire,
De questionner la tradition (sunna)
Et la contemplation prophétique
D’un être humain « choisi »
Comme Seyyidina Muhammad –Paix et Salut sur lui-.
 
C’est là qu’intervient l’inspiration (ilhâm),
Qui est la base de la discipline du soufi,
La niyyah.
 
D’après la cosmogonie soufî,
La mort du Prophète a marqué le Scellement de la Prophétie (risalat).
Pour autant nous considérons
Que la faculté sainte prophétique
Est toujours en l’homme,
Qu’il peut développer une communication
Avec les formes-pensées
Et avec la matrice Allah
Par l’esprit (ruh).
 
Le parachèvement de la religion est obtenu
Par l’accès des hommes à l’inspiration créatrice.
La religion doit disparaître
Pour laisser place à la spiritualité librement vécue,
Détachée des entraves intellectuelles
Du dogme exotérique.
 
Le temps des prophètes était celui du culte,
La perspective post-prophétique est celle de la science.
 
C’est pourquoi nous disons qu’au Cycle de la Prophétie (risalat)
Succède le Cycle de la Sainteté (walayat)
Les saints sont les nouveaux modèles vivants,
Les continuateurs des prophètes
En ce que l’inspiration qu’ils véhiculent
Est la continuité des révélations.
 
La gnose est la science qui accompagne la discipline du sîrat,
Sur le chemin de la sainteté que Jinna représente,
La joie incorruptible.
La gnose est donc un moyen à l’usage de l’homme
Pour développer son bien-être
Et s’épanouir pleinement en cette vie,
Par sa transfiguration
Sa sacralisation.
Samedi 1 septembre 2007
par Salam publié dans : Le Djihad de l'Amour communauté : La Tariqa des Califes
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Toutes les sciences participent de la gnose
Car c’est une connaissance transversale,
Transcendante.
La différence entre le scientifique et le gnostique
Repose sur le fait
Que le scientifique étudie l’objet pour l’objet lui-même,
Alors que le gnostique étudie,
S’étudie lui-même
Pour la Vérité,
Pour rahma,
La bonté essentielle.
 
Il vise une forme de perfection
Qui n’est pas rigide et froide
Mais sensible et sensuelle.
 
Il est animé par le désir du bonheur
Jusqu’à ce qu’il parvienne à l’obtenir,
Tuant le désir de l’avoir
Pour laisser le bonheur s’existencier en lui
Et autour de lui.
 
La gnose n’est donc pas une science comme les autres :
Elle réuni tous les domaines du savoir
A l’usage de notre équilibre,
De notre harmonie,
Pour éveiller notre déité enfouie.
 
Elle défini une éthique de vie,
Une sharî’a.
Cette éthique est constituée d’étapes de progression spirituelle,
On les appelle les Degrés (hasanat).
La pédagogie de l’éthique,
Traditionnellement en compte sept,
Qui font référence aux sept cieux et aux sept directions.
 
Les cieux sont décrits
Dans le Noble Coran
Comme des voies,
Des méthodes d’action,
Des états d’évolution mentale
Et comportementale.
 
C’est ainsi que l’entend le soufî.
Pour lui,
Il y a une progression telle entre ces états
Que ce qui était valable a un degré
Peut être obsolète
Et même néfaste à un autre.
C’est là qu’il mesure la partialité de sa vision
Et gagne en humilité,
Découvrant des qualités
A des gens chez qui il voyait juste des défauts.
 
Les règles de l’éthique sont nos propres lois,
On en parle comme des arcanes mineurs.
Elles constituent un corpus vivant,
Le Corps Glorieux.
 
Contempler notre éthique
Comme un corps magnifique
Est un moyen de nous l’approprier,
De nous identifier à lui,
De l’intégrer et de le vivre
Par l’influence qu’il exerce sur nos actions.
 
On appelle cette visualisation active « Le Miroir de Youssef »
Le Miroir de Youssef est une méditation adorative
Qui nous conduit à développer l’art de la personnalité.
 
L’art de la personnalité est un fondement du soufisme moderne.
Dans cette perspective
Il ne s’agit plus de se dissoudre dans le grand-tout,
Ce que le soufisme ancien appelait le fana-bi-llah ;
Avec l’art de la personnalité
Il y a une survivance
Une surexistence de notre individualité
Dans le monde des formes,
Dunya.
 
On appelle cela le baqa,
C’est notre Corps Glorieux,
Notre Moi Divin personnel
Qui guide notre pratique.
 
S’en référer à lui comme notre guidance personnelle,
C’est croire en notre autonomie,
Valider notre aptitude à mener librement notre vie,
Suivant notre propre modèle
Qui n’est que personnel.
 
Dans cette optique,
La discipline n’est jamais édictée,
Elle se forge.
Ce qui est proposé aux disciples,
C’est de se contempler dans l’action,
C’est d’être attentif à leur intention
Dans les gestes quotidiens,
C’est de vivre pleinement la chose faite.
 
Les rites de l’Islam
Constituent la base sur laquelle
Le disciple travaille à s’améliorer,
A s’observer,
A se corriger.
Ainsi en est-il des Cinq Piliers.
 
Concernant le corpus de la sharî’a
Constitué du Noble Qûr’an
Et de la Sunna,
C’est de façon pensée
Et dans le respect de l’Esprit de la Loi
Qu’elle s’applique au soufi,
Sans impliquer autrui contre sa volonté.
 
Il s’agit de normes culturelles et éthiques
Dont le respect assure l’intégration communautaire,
Mais ne peut aucunement être imposée
Car un fondement de la sharî’a est justement
« Nulle contrainte en Religion ».
 
Ainsi on peut suivre les rites et principes du soufisme
En dehors de l’Islam juridictionnel,
Mais on ne profitera pas pleinement
De l’intégration communautaire.
C’est toute fois un choix honorable
Et il serait mal venu d’empêcher qui que ce soit
De s’engager à sa mesure.
 
Considérant que la discipline n’est jamais édictée,
Elle nous vient cependant
De notre appartenance au monde des formes.
Ainsi la discipline n’est pas un maktûb,
Un paradigme déterminateur,
C’est au contraire l’expression de notre liberté.
 
Dans cette méditation
La sharî’a est considérée comme une méthode
Renforçant notre personnalité individuée,
Tout au contraire de la sharî’a des éxotéristes qui,
Pour le soufî,
Est une entrave à la pleine expérience du libre-arbitre.
 
Les recommandations légales
N’étaient pas considérées comme la volonté d’Allah
Mais comme un solutionnement des problèmes quotidiens
Rencontrés dans la communauté
Du temps du Messager
 
Ils n’indiquent pour devoir religieux que Cinq Piliers,
Le reste n’est établit que dans la perspective d’utilité publique
Et mérite d’être aménagé
En fonction des évolutions sociales.
 
C’est là que nous comprenons
La véritable nature de la Sharî’a,
Celle non pas d’une « Loi Sacrée »
Déterminant ce qui est licite et illicite
Dans une perspective absolue,
Mais un repérage,
Une « indication »,
Un « principe de vie ».
Dimanche 2 septembre 2007
par Salam publié dans : Le Djihad de l'Amour communauté : La Tariqa des Califes
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