Toutes les sciences participent de la gnose
Car c’est une connaissance transversale,
Transcendante.
La différence entre le scientifique et le gnostique
Repose sur le fait
Que le scientifique étudie l’objet pour l’objet lui-même,
Alors que le gnostique étudie,
S’étudie lui-même
Pour la Vérité,
La bonté essentielle.
Il vise une forme de perfection
Qui n’est pas rigide et froide
Mais sensible et sensuelle.
Il est animé par le désir du bonheur
Jusqu’à ce qu’il parvienne à l’obtenir,
Tuant le désir de l’avoir
Pour laisser le bonheur s’existencier en lui
Et autour de lui.
La gnose n’est donc pas une science comme les autres :
Elle réuni tous les domaines du savoir
A l’usage de notre équilibre,
De notre harmonie,
Pour éveiller notre déité enfouie.
Elle défini une éthique de vie,
Cette éthique est constituée d’étapes de progression spirituelle,
On les appelle les Degrés (hasanat).
La pédagogie de l’éthique,
Traditionnellement en compte sept,
Qui font référence aux sept cieux et aux sept directions.
Les cieux sont décrits
Dans le Noble Coran
Comme des voies,
Des méthodes d’action,
Des états d’évolution mentale
Et comportementale.
C’est ainsi que l’entend le soufî.
Pour lui,
Il y a une progression telle entre ces états
Que ce qui était valable a un degré
Peut être obsolète
Et même néfaste à un autre.
C’est là qu’il mesure la partialité de sa vision
Et gagne en humilité,
Découvrant des qualités
A des gens chez qui il voyait juste des défauts.
Les règles de l’éthique sont nos propres lois,
On en parle comme des arcanes mineurs.
Elles constituent un corpus vivant,
Le Corps Glorieux.
Contempler notre éthique
Comme un corps magnifique
Est un moyen de nous l’approprier,
De nous identifier à lui,
De l’intégrer et de le vivre
Par l’influence qu’il exerce sur nos actions.
On appelle cette visualisation active « Le Miroir de Youssef »
Le Miroir de Youssef est une méditation adorative
Qui nous conduit à développer l’art de la personnalité.
L’art de la personnalité est un fondement du soufisme moderne.
Dans cette perspective
Il ne s’agit plus de se dissoudre dans le grand-tout,
Avec l’art de la personnalité
Il y a une survivance
Une surexistence de notre individualité
Dans le monde des formes,
Dunya.
C’est notre Corps Glorieux,
Notre Moi Divin personnel
Qui guide notre pratique.
S’en référer à lui comme notre guidance personnelle,
C’est croire en notre autonomie,
Valider notre aptitude à mener librement notre vie,
Suivant notre propre modèle
Qui n’est que personnel.
Dans cette optique,
La discipline n’est jamais édictée,
Elle se forge.
Ce qui est proposé aux disciples,
C’est de se contempler dans l’action,
C’est d’être attentif à leur intention
Dans les gestes quotidiens,
C’est de vivre pleinement la chose faite.
Les rites de l’Islam
Constituent la base sur laquelle
Le disciple travaille à s’améliorer,
A s’observer,
A se corriger.
Ainsi en est-il des Cinq Piliers.
Constitué du Noble Qûr’an
Et de la Sunna,
C’est de façon pensée
Et dans le respect de l’Esprit de la Loi
Qu’elle s’applique au soufi,
Sans impliquer autrui contre sa volonté.
Il s’agit de normes culturelles et éthiques
Dont le respect assure l’intégration communautaire,
Mais ne peut aucunement être imposée
Car un fondement de la sharî’a est justement
« Nulle contrainte en Religion ».
Ainsi on peut suivre les rites et principes du soufisme
En dehors de l’Islam juridictionnel,
Mais on ne profitera pas pleinement
De l’intégration communautaire.
C’est toute fois un choix honorable
Et il serait mal venu d’empêcher qui que ce soit
De s’engager à sa mesure.
Considérant que la discipline n’est jamais édictée,
Elle nous vient cependant
De notre appartenance au monde des formes.
Ainsi la discipline n’est pas un maktûb,
Un paradigme déterminateur,
C’est au contraire l’expression de notre liberté.
Dans cette méditation
La sharî’a est considérée comme une méthode
Renforçant notre personnalité individuée,
Tout au contraire de la sharî’a des éxotéristes qui,
Pour le soufî,
Est une entrave à la pleine expérience du libre-arbitre.
Les recommandations légales
N’étaient pas considérées comme la volonté d’Allah
Mais comme un solutionnement des problèmes quotidiens
Rencontrés dans la communauté
Du temps du Messager
Ils n’indiquent pour devoir religieux que Cinq Piliers,
Le reste n’est établit que dans la perspective d’utilité publique
Et mérite d’être aménagé
En fonction des évolutions sociales.
C’est là que nous comprenons
Celle non pas d’une « Loi Sacrée »
Déterminant ce qui est licite et illicite
Dans une perspective absolue,
Mais un repérage,
Une « indication »,
Un « principe de vie ».