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Le choix de prénoms arabes pour la population musulmane de France est certes un signe de l'appartenance
communautaire, mais il me faut préciser ce point:
Les prénoms français nous viennent de personnalités du passé reconnus comme "saints" par l'Eglise Catholique. Dans ce choix là, se trouve une forme d'adhésion consciente ou inconsciente à cette
histoire et cette reconnaissance de sainteté.
L'islam contient l'affirmation que Dieu seul est Saint, que ceux qui ont ainsi été reçu dans la Communion de Sainteté, gratifiés de l'Esprit de Sainteté, qui est du ressort de Dieu seul, ne sont
pas pour autant des saints, puisque Dieu seul est Saint.
L'islam accorde à ces personnes le rang de Wali, les Rapprochés, ceux qui sont avec Dieu, auprès de Lui, en Lui, en Son sein, mais qui surexistent à leur union, à leur présence dans l'unicité, et
qui donc ne peuvent être adorés car ils ne sont pas Dieu, ni priés car ils ne peuvent intercéder que si Dieu le veut.
Enfin de compte, quelque soit notre opinion, nous ne savons pas, nous, créatures, lesquels d'entre ceux qui ont été désignés tels furent et demeurent awliyya (pluriel de wali) et lesquels ne le
sont pas: nous sommes ignorants à cet égard! Dieu seul est Juge!
De plus, il est rare de connaître l'étymologie des noms français, ce qu'ils désignaient à leur origine, alors que les prénoms arabes, en dehors peut-être de ceux des prophètes de la Bible (Moussa
pour Moïse, Issa pour Jésus, etc.) ont une signification explicite pour qui parle arabe!
Abdel, Abdul ou Abdal signifie "le serviteur", et les noms composés qui en découlent désignent le "serviteur de Dieu" sous l'un des attributs divins, tout comme cela se fait en hébreux avec
la formation du nom des anges qui sont chacun l'expression d'une forme de l'action de Dieu en ce monde...
Exemple: Abd-el-Malik, mon frère slameur!
Ce nom signifie "le serviteur du Roi", car Roi, avec la majuscule, est l'un des 99 attributs, l'une des 99 qualités connues de Dieu.
Le choix d'un prénom arabophone plutôt que francophone est aussi éclairant pour l'identité que le sont les totems des sociétés traditionnelles, elles donnent une visée et une voie droite à
l'individu, ce dont les prénoms français ne seraient pas porteurs pour eux, surtout s'ils expriment l'association avec un "saint" des catholiques, fut-il reconnu comme wali par l'orthodoxie
musulmane elle-même, comme Salomon, Marie ou Jean le Baptiste (paix et prière sur eux)!

Les musulmans prient pour les awliyya, alors que les catholiques, eux, les implorent pour en tirer grâce!
La forme arabe est préférée du fait de la présence de cette forme dans le Noble Qûr'an, ceci afin que l'homme en devenir apprenne à réfléchir sur la perception islamique, celle selon laquelle Il
n'y a point de divinité que la Divinité elle-même.
Je tiens à dire à mes frères ceci cependant: la plupart des wali supposés, qualifiés de "saints" par l'Eglise ont été des victimes de la cruauté païenne et sont morts pour la foi en Dieu, donc
non-morts, mais Vivants, comme le disent conjointement la Bible et le Coran.

Leur martyr vint même avant la manifestation de Seyyidina Muhammad ar-Rasùl Allah (sws). Ils peuvent donc être estimés sans aucun rejet préjugé, comme réellement martyrs de l'islam, mais l'étude
de leur vie doit être accomplie pour exercer ici son propre ijtihad, éclairé insha Allah par la niyyah, l'imân et la consultation.
Demeurera cependant le risque, inquiétant et problématique, d'entendre ça et là, du fait du calendrier par exemple, que "saint" bidule blabla...
L'orgueil, l'association peuvent poindre ici, mais ce risque est déjà encouru parmi les nôtres, du fait d'une déférence parfois passionnelle envers le Messager d'Allah (sws) pour tous
les Ahmed, Hammadi, Mohamed, etc.
L'orgueil se loge en l'homme, quoiqu'il en soit, suivant la permission du Tout-Puissant, et seul Allah, s'Il le veut, nous en épargne l'épreuve ou nous pardonne cette source de tous les maux
humains.
Que la paix soit avec vous.
Issa'ud-dîn (Fabien Maisonneuve): mujtahîd (analyste et chercheur) indépendant fissa bi-Llâh, autodidacte par l'écoute du coeur et de la raison, formé à l’esprit critique par l’éducation nationale française. porté sur l’étude des spiritualités du monde -pour la bonne compréhension de l'universalité de l'islam- comme sur l’éthique universelle, intègre et nécessaire. Fondateur du mouvement pour un nouvel islam de France, théoricien professant une école spirituelle émergeante en islam, l'Imâniyya. Musulman affirmé dans la shahada en 2002 devant les témoins occulaires de la mosquée d'Annecy en 2002, musulman par fitra et reconnaissant depuis 1-2 Janvier 1998.
Mourad Ibn K. dit Che Averroès: musulman sunnite philosophe, théoricien du Kalàm (réthorique), chercheur indépendant en islamologie.
David G. dit Jiddim : titulaire d’un master d’histoire médiévale, portant son étude sur l’histoire de l’ésotérisme et des civilisations, examinant la symbolique universelle dans l’approche de l’école de Karl Jung. Aborde la pensée religieuse suivant l’optique théosophique. Sans religion déclarée.
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