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Parole de Sagesse

"Ne considère point si l'auteur d'un tel livre
Fut plus ou moins savant;
Mais s'il dit vérité, s'il t'apprend à bien vivre,
feuillette-le souvent.
Quand son instruction est salutaire et bonne,
Donne-lui prompt crédit;
Et, sans examiner quel maître te la donne,
Songe à ce qu'il te dit"

 
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Kezako?
Une blague?
Comme si la France voulait son islam à lui, le faire à son image...
Comme si l'islam pouvait être une doctrine nationale...

Et pourtant.

De nombreux musulmans de France se sentent profondement croyants, profondement fidèles aux enseignements du Prophète, sur lui la Paix. Cependant, ils en ont marre qu'on leur bourre le mou avec des arguments usagers sur une vue étriquée et traditionaliste de la foi et de la pratique sociétale du musulman.

Ils en ont assez d'entendre dire "sur le Coran" par tant de dépravés qui ne l'ont pas lu et qui ignorent surement qu'il est interdit de jurer sur quoique ce soit, si ce n'est Allah lui-même, pas même sur sa Parole ou son Prophète, sur lui la Paix!

Ils en ont marre de devoir se taire, taire leurs critiques à l'éguard des "pays frères" ou de leur propre voisin qui se comporte en mécréant avec sa femme et ses enfants par l'usages de violences et de vilainie, alors qu'il va justifier tout cela par la Parole Sacrée, en usant quand bon lui semble pour justifier ses actes.

Pardonnez mon indélicatesse mes frères, Allah m'est témoin que je vous aime de tout mon coeur, mais j'ai moi-même été désemparé devant le constat qu'aucun débat n'est possible à la mosquée sur ce qui rend notre communauté malade! On nous renvoie à la nécessité de ne pas faire de vagues, de ne pas avoir de discorde entre frères, que la politique ou l'économie n'ont pas leur place ici. Mais au fond de nous-même, nait une profonde frustration de ce manque de débat, de ce manque d'écoute...

Comment surmonter les épreuves de la mondialisation, de la pensée unique néolibérale, du renforcement des extrèmes, de la dérive des mentalités née de la Démocratie Médiatiquement Modifiée (D.M.M) vers l'Etat Policier, si nous ne pouvons pas nous parler là où nous nous rencontrons pour honorer celui-là même qui attend de nous d'être un peuple au milieu des peuples, exemplaire et volontaire, prèt à la lutte pour la Justice, dévoué à faire triompher sa cause par notre pureté même, par la démonstration du bon comportement et le refus des excès passionnels? Comment y parvenir si nous ne pouvons débattre alors même que la sunna nous donne les moyens du débat par la nécessité de la réconciliation?

Tant de fois, je me suis senti dans une plus grande fraternité à l'éguard de français élevés par la culture des Droits de l'Homme qu'à l'éguard de ceux-là même qui prient à mes cotés, orteil contre orteil, coude contre coude, et qui sont avec moi dans l'harmonie de la prière! Pourquoi? Pourquoi ne puis-je parfois arriver à prier convenablement en mon coeur sinon en demandant le pardon pour mes difficultés à rester d'avantage leur frère, et le pardon de leurs péchés qui entravent mon coeur à cette proximité avec le leur!!!

Servons-nous des armes technologiques d'aujourd'hui mes frères, pour prier et débattre ensemble et chercher un avenir à l'Islam içi, en France, un autre avenir que l'ignorance, la séparation permanente, le rejet, le préjugé, la dépendance à l'éguard des nations voisines et de leurs écoles de pensée, voire de leurs financements pour nos imams, ou même de leur intronisation des imams de notre coté des frontières!

Mes frères! Dieu est Grand! Qu'Il grandisse encore dans nos coeurs et qu'Il nous purifie, si telle est sa volonté!

Que la Paix soit sur vous tous

Salam
Jeudi 9 août 2007
par Salam publié dans : Débats de société communauté : Repenser l'Islam Pratique
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Par le Très Saint Nom de la Divinité Miséricordieuse par Essence et par Excellence

La base de toute spiritualité est l'Orientation
, la direction donnée au mouvement de l'âme et à l'action. En Islam, on parle de Qibla, au sens large. La Qibla c'est biensûr l'oratoire sacré d'Abraham à La Mecque, mais c'est aussi le Saint des Saints qu'est le fond du coeur (fu'ad), centre spirituel de l'être humain.

Ainsi pour prier, le muslim est tourné vers son coeur, il est "orthocentré", ce qui assure sa fidèlité et sa constance vis-à-vis du bel-agir (ihsan). La piété conduit en effet à la conscience de ses actes. Philosophiquement, on pourrait être amené à considérer que le monde est vain, sans but, dénué de sens. L'Islam consistera donc à nous mettre en paix par la révélation permanente du sens immanent. L'Islam sera une Qibla libératrice de la désespérance et de l'errement.

Allah Dieu -exalté soit-il- nous a adressé un signal: dans ce monde, il y a du sens pour ceux qui observent avec l'oeil de la conviction intime, c'est ainsi qu'y ayant trouvé une vérité, ils peuvent aimer ce monde, cette vie, et agissent pour manifester ce sens, cette orientation.
Nous sommes libres, mais nous ne pouvons nous accomplir sans nous donner une mission. or nous ne trouverons pas meilleure mission que celle qui correspond à notre positionnement dans ce monde, par notre nature même et par notre condition.

Parler de notre orientation d'action, c'est d'abord comprendre notre contexte pour interagir avec lui, c'est aussi comprendre notre propre nature inalienable, notre quintessence. Les saints initiés ont touché à la connaissance humaine, ayant soulevé les voiles qui les tenaient loin de leur coeur, et ils y ont trouvé Dieu -exalté soit-il. Ils comprirent que le mouvement qui mène à Dieu est une remontée à la source, à la matrice, à l'origine.

C'est depuis cette origine que s'est produit le mouvement d'individuation de l'univers, de manifestation de la conscience abstraite. Ils ont donc enseigné une méta-histoire, une histoire mythique. Ce drame divin est chargé de nous transmettre la sagesse de leurs découvertes et si possible de véhiculer l'inspiration impulsant le mouvement vers l'action personnelle et la prospérité des hommes.

Cette méta-histoire décrit donc les interactions des forces supérieurs du cosmos, tel que cela est apparu aux prophètes -sur eux la paix. Car nous ne comprenons le bel-agir et la libération des sphères de souffrance sans examiner la conception du monde, la représentation qui nous est offerte dans les Saintes Ecritures.

Le Commencement dérive  d'In Principio -le principe-, c'est-à-dire que le récit de la création implique la formulation de la raison d'être de toutes choses. Quand nous l'étudions, nous ne devrions par nous interroger sur le Comment de la création, lisons là plutôt en nous posant la question du Pourquoi. Nous retrouverons les signes du sens de la vie que la philosophie matérialiste ne peut en rien résoudre et au sujet duquel elle place son voile de mystère absolu, son tabou que seuls les déments cherchent à refuser.

C'est dans ce mythe de la Création que Dieu -qu'ilsoit exalté- a placé le secret de la vie et l'a révélé à ses messagers afin d'éduquer l'homme à la voie du salut de l'âme. Celui-ci comprend alors la noblesse de sa tâche de
Calife du monde, il comprend aussi sa responsabilité face au monde de par le don du Dépot. Il comprend l'utilité de refuser quelque culte que ce soit envers des créatures ou des biens de consommation. 

Il trouve la force de changer sa vie et de la tourner vers l'intelligible. Il trouve un but, celui du bel-agir pour la cause du Dieu d'Amour, de Vérité, de Miséricorde. Il défend ses frères et cherche à les aider dans ce travail de la bonne action perpétuelle. Il cherche à faire grandir la voix de Dieu en son coeur pour qu'il rayonne à travers lui jusqu'à conquérir le coeur de ceux qu'Allah aura désigné pour être guidés vers Lui. Ainsi est le Grand Jihad al Akbar, le meilleur de tous: le combat contre son propre démon intérieur afin d'acquérir la pureté d'âme qui nous fera aussi triompher des ténèbres du ceur des autres si telle est la volonté de Dieu.

Paix sur vous mes Frères

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Samedi 11 août 2007
par Salam publié dans : Le Traité des Califes communauté : La Tariqa des Califes
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Par le Très Saint Nom de la Divinité Miséricordieuse par Essence et par Excellence

Il serait vain de chercher une description scientifique des origines du monde dans la Révélation des grands initiés prophêtes. Ceux-ci n'ont eu accès qu'à la symbolique, à la réalité intérieure et profonde de l'univers, ils ne sont pas des scientifiques ayant connaissance de la gravitation, de la relativité, des notions d'espace-temps, de la vitesse de la lumière, de la constitution des planètes, des étoiles, des comètes...

Pas plus qu'ils n'ont eu de science concernant l'ADN, les protéines, les cellules, les atomes, les photons...
Si l'on trouve des correspondances surprenantes entre les récits mythiques des Saintes Ecritures et les conclusions argumentées de la science moderne, c'est là une affirmation de la validité du processus de Révélation, c'est-à-dire la faculté d'atteindre la Vérité par la grâce divine.

Mais il serait dangereusement sectaire de limiter le travail d'exégèse à une justification théologique des théories scientifiques (le Big Bang par exemple) ou à une validation scientifique des révélations divines (le néocréationisme). Nous devons comprendre la fitra de l'Ecriture, qui est parole de vérité, parole d'éternité, d'absolu, parole de mythe.

En cela la vérité céleste se passe bien des réalités scientifiques car elle décrit tout autre chose: une réalité du Mystère (ghayb), une réalité intérieure (batîn), valable pour le microcosm humain, le mésocosm social, le macrocosm universel. Cela parce que le mythe comme expression de vérité absolu transcende les formes relatives et temporelles, les échelles de perception.

Les créationnistes musulmans -dont le chef de file est Harun Yahia- se trompent de voie. Refuser les explications scientifiques du néodarwinisme comme antireligieuses, c'est se tromper de combat. Il faudrait plutôt aborder la question des origines sous l'oeil de la théologie naturelle, et renouer ainsi avec la philosophie scientifique du monde arabe médiéval:
al-kimiyya, l'alchimie.

Considérer la sélection naturelle -je ne parle pas de ce qui se passe aujourd'hui qui ressemble plus à de la sélection économique et militaire- comme le modus operandi de l'oeuvre perpétuellement nouvelle du Créateur -exalté soit-Il- est le seul moyen d'assurer le respect d'une transcendance sans contrarier les évidences scientifiques. Après tout, nul part dans le Coran ou la Bible ou même la Thora on ne parle de la vie et de la mort des dinosaures! On a même pu observer cette évolution des gènes lors des missions du "
radeau des cimes"!

C'est pour cela que j'aborderais dans mon avertissement "Dévoilement & Conformité" les notions essencielles de vérité paradoxale et de subjectivité constructive. Sans nier les phénomènes observables, on peut voir dans le parfait agencement de la vie et de l'univers la marque d'un dessein supérieur, le Plan Divin. 

Il est évident qu'expliquer notre origine sous l'angle des phénomènes n'est porteur d'aucune orientation, aucune qibla, car la métaphysique du hasard, issue de la philosophie du doute perpétuel minera toute tentative de démontrer la morale par l'ordre de l'univers. Il est aussi évident que la pire tyrannie génocidaire pourrait trouver son inspiration dans les notions de sélection et d'évolution.

D'où la nécessité de faire appel à une autre forme de vérité, le mythe. Voilà pourquoi la Parole véhiculée par les Saintes Ecritures prime sur l'observation rationnelle des phénomènes: parce que ce à quoi les prophêtes étaient initiés est un méta-langage. La transmission d'une sagesse sûre par la vérité allégorique.

Paix sur vous mes Frères

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Dimanche 12 août 2007
par Salam publié dans : Le Traité des Califes communauté : La Tariqa des Califes
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Par le Très Saint Nom de la Divinité Miséricordieuse par Essence et par Excellence

Un mot qui revient souvent lorsque l'on lève le spectre de l'extrêmisme religieux est Sharî'a
Appelons un chat un chat, que veut dire ce mot? Il vient de la même racine que sha'àîr: repèrage, signalisation, que nous trouvons dans le Saint Coran pour désigner ce qui est "marqué", en l'occurence le rite des allez-venues entre
Safa et Marwa lors du pélerinage, le Hajj. On pourrait donc le traduire par "institution" mais c'est là une traduction qui ne satisfaisait pas les éminents grammairiens de Bagdad.

Pour quelle raison? Parce qu'il ne s'agit, en aucune manière d'une restriction de libre-arbitre dans un suivisme aveuglé, mais bien d'un rite faisant appel au devoir de mémoire, de respect et de pudeur à l'égars de tous les pieux prédecesseurs,et de notre prochain, celui qui s'est acquis notre fraternité par le bel-agir.

Le Dévoilement, principe au moins aussi fondamental que ce "repérage" dans la voie musulmane est figuré par une percée (fath), une éclatante réussite, un triomphe. On l'appelle kashf. En étudiant le Noble Coran, on remarquera que son contenu ésotérique est adressé justement aux Muttaqûn, c'est-à-dire à ceux qui se prémunissent, qui prennent les devants contre toute déception, en acceptant la paradoxalité de toute la création, et la subjectivité inévitable car "il ne vous a été donné de science qu'une part bien chétive", mais cette part est la plus grande que notre faible nature égotisée puisse supporter.

En présentant la gnose musulmane, on sera confronté à un tabou très puissant jeté sur la connaissance par les conservateurs. Le seul moyen d'éviter un conflit ouvert avec ces tendances majoritaires est de ne jamais écarter le sens littéral des écrits du Noble Coran et de la Sunna (la tradition orale des dits et faits du Prophète Muhammad (sws), mais d'en redéfinir la portée et les implications.

Le soucis permanent de conformité (ittibà) permettra d'éviter les écueils du mysticisme pur qui, par spéculation, néglige souvent la portée claire et directe de la sharî'a (corpus constitué du Noble Coran et de la Sunna dans ses applications pratiques) pour les gens du commun. Le souci de la conformité est le seul moyen d'élever la base (awâmm) au rang d'élite spirituelle (khawâss al-khawâss) par franchissement progressif des degrés dans la gnose et le bel-agissement.

Il nous faut aborder ici la question de la méthode. Elle consistera à confronter l'ensemble des données du monothéisme: Thora et Talmud (la Thora orale), Zohar et Kabbale hébraïque, Psaumes et Proverbes, Livres Prophétiques, Sagesse, Evangiles, Actes et Epîtres des Apôtres, Apocalypse, Qûr'an et Sunna, productions littéraires de la Silsila (chaîne de transmission occulte du soufisme qui équivaut à la Kabbale juive en islam). C'est par la confrontation de tout ce savoir qu'il résultera une véritable pratique intégrale digne des musulmans d'occident.

C'est pourquoi, avant d'aller plus loin dans la lecture de ces articles, il est important de comprendre à qui ils s'adressent: à l'avant-garde des musulmans et aux croyants hétérodoxes judéochrétiens du Nouvel Age en quête de vérité. Ces derniers découvriront la richesse et la profondeur spirituelle de l'Islam, à travers la présentation ici faite de la doctrine musulmane -Ikhlâs- et ses conséquences en matière de conduite morale. Nous orientons ici l'enseignement au-delà de l'Islam (dévotion), dans l'Imân (conviction), pour l'Ihsân (bel-agissement, grâce).

Nous nous orientons donc vers le chemin du
Christ Yeshua [Issa (als)], un chemin de perfection et non juste un chemin d'agrément. Ainsi remettra-t-on en question certaines prescriptions contextuelles du Noble Coran, pour parvenir à un dépassement de la Loi et atteindre la perception de l'idéal de l'Esprit Saint (Ruh al-Quds). Mais cette prise de distance vis-à-vis du sens littéral communement expliqué par les docteurs de la Loi (Ulema) ne se fera pas sans argumentation, car on aurait tôt fait de considérer qu'il s'agit d'interprétations juridiques non-conformes au dogme.

En vérité, ce qui est recherché ici est bien le Dévoilement de certains mystères sacrés des sciences occultes connues des prophêtes, sur eux la paix, ce qui exige d'ouvrir son esprit pour le libérer des étroitesses de la doctrine exotériste. Il nous reviendra donc de démontrer le raisonnement et par le corpus de la sharî'a (Qûr'an et Sunna) que notre position demeure conforme dans l'esprit et dans la lettre à la révélation muhammadienne. 

Voici donc ici, sur internet, un Traité des Califes, un écrit inspiré par la guidance qui m'a mené vers Allah, afin de dévoiler quelques uns des mystères de ce monde, enseignés par les saints prophêtes. Certains furent conservés par les gardiens du Livre, d'autres furent oubliés et enfouis par ceux qui craignaient la vérité, mais ils ont été retrouvés et récoltés car l'Esprit ne nous laisse pas orphelin du Dépot Sacré de Dieu, Amâna.

Ce blog dérangera, mais comment pourrions croire trouver la vie Eternelle sans nos idoles, ces fausses certitudes du mental resptilien ignorant ? Le présent traité n'a d'autre but que d'amener l'aspirant (Murîd) a devenir un disciple accompli (Arif') et à réaliser par la pratique sa fitra de Calife de Dieu.

Mais comment accomplir un but aussi élevé ? Certes je ne manquerai pas d'échouer sauf à être soutenu par les grâces d'Al-Fattah, celui qui accorde la victoire. Qu'il prenne témoignage de mon obéissance, je lui rendrai des comptes sur toutes choses.

Paix sur vous tous, mes frères.

Salam

Dimanche 12 août 2007
par Salam publié dans : Généralités communauté : Repenser l'Islam Pratique
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Par le Très Saint Nom de la Divinité Miséricordieuse par Essence et par Excellence

{ N'est-il pas le Maître de la Création et du Décret?
- Béni soit Dieu, Seigneur des Univers!
} (7.54)


On trouve assez peu de matériaux concernant la création dans la tradition muhammadienne. Le Messager de Dieu (sws) n'a donné aucun détail du procédé divin dont on soit certain dans la sunna. D'après Muslim, Abou Hourayra aurait rapporté ceci:
"Le Messager de Dieu (sws) me prit une fois par la main et me dit:
-Dieu a créé la matière de la terre le Samedi., il créa les montagnes le Dimanche, il créa les arbres le Lundi. Il créa le mal le Mardi, il créa la Lumière le mercredi, il y dissémina tout ce qui bouge le Jeudi, il créa Adam après la deuxième prière de l'après-midi ('Asr) du Vendredi, à la fin de toute la Création, à la dernière heure du Jour entre l'après-midi et la nuit."

Or bien que Muslim soit reconnu pour le sérieux de son oeuvre dans le recueuil de haddîth, celui-ci ne pêut être fidèle au dit du Prophète Seyyidina Muhammad (sws). Abu Hourayra a pu se tromper sur deux points: d'abord la chronologie, suivant le sahih qui révèle "La première chose que Dieu créa est ma lumière" ainsi que le haddîth qui révèle "Le Premier Jour devant Dieu est le Dimanche" qui n'auraient aucun sens si la lumière elle-même est apparue le Cinquième Jour; ensuite, et cela manifeste l'inexactitude de ce haddîth, on remarquera qu'il est dit ici que la Création s'est faite du Samedi au Vendredi, soit sept jours au lieu de six.

En effet, le Coran révèle:

{ C'est Lui qui a créé les cieux et la terre en l'espace de six jours puis il s'installa sur le Trône (istîwa) d'où il connait tout ce qui entre dans la terre et tout ce qui en sort, qui descend du ciel et qui y monte } (4.57)

{ Votre Seigneur, c'est Dieu, qui a créé en six jours les cieux et la terre, après quoi il s'installa sur le trône.(7.54, 10.3)

On ne peut être musulman et prétendre que le Messager de Dieu (sws) ait pu tenir un propos contradictoire avec ce qui lui a été révélé de Dieu -exalté soit-il- par l'Archange Gabriel (als). Il en ressort donc que le dit d'Abou Hourayra, rapporté par Muslim, est inexact, peut-être même a-t-il été une innovation ajoutée à ses recueuils. Il nous renseigne cependant sur un fait: l'homme tel que nous le connaissons fut créé à la toute fin de la Création, son temps ici bas est infime par rapport au temps cosmique

D'autres Haddîth nous disent que le Messager de Dieu enseignait que le processus de Création fut précédé d'une durée de 50 000 ans durant laquelle fut réalisé le maktûb, l'écriture du "destin", et que depuis "l'encre a séché", c'est-à-dire qu'il n'y a plus rien qui puisse modifier ce "destin", ce maktûb.
Mais ce "destin" peut-être comprisbien differement de l'approche fataliste, et il doit l'être. Qiyama, la résurrection est décrite dans le Noble Coran comme
{ Le Jour du Jugement dont la durée est de 50 000 ans }  (70.4).

Ceci corrobore la vision selon laquelle l'éternité a déjà commencé. Il y a correspondance entre la prédestination et le jugement des âmes, quoique ces deux principes s'opposent en apparence. En tant qu'Alpha et Oméga du cosmos, ces principes nous situent dans un intervalle entre une "pré-éternité" ou "éternité avant le temps" et une "post-éternité" ou "éternirté après le temps". Nous serios placés dans le Délai qui sépare la première création qui est celle de la vie présente et la seconde création, celle de la vie future et incorruptible, occultée (batîn).

L'idée d'Alpha de la prédestination est souvent bien mal comprise: beaucoup y voient l'idée que toute oeuvre est fatale et qu'il n'y a finalement aucune liberté. L'idée d'Oméga du Jugement nous enseigne qu'il n'en est rien: les être sont créés libres, l'écriture de leur vie se faisant dans la synchronicité avec l'accomplissement des phénomènes, comme une mémoire cosmique conservant tout le savoir du passé, mais ignorante du futur. C'est d'ailleurs la charge des anges de miséricorde et de justice que de noter, mémoriser les actions humaines dans la synchronicité. A quoi bon si cela a déjà été écrit cinquante mille ans avant la Création du monde!!!

Les phénomènes sont mesurés, notifiés par la mémoire du monde au fur et à mesure et non en préalable. N'est-il pas écrit: { un jour on vous demandera de rendre compte de vos actions } (16.96). Si Dieu va délibérer du sort des âmes, c'est bien que celui-ci reste ouvert, ou bien notre vie ici-bas et la résurrection elle-même n'auraient aucun sens et le mythe de la Création se discréditerait totalement. Le maktûb est en fait d'une subtilité qui échappe aux esprits profanes et la superstition fataliste de ceux qui n'en comprennent pas la modalité est un voile qu'il faut soulever. Une fois de plus nous nous trouvons devant une vérité paradoxale!!!

Pour mieux comprendre le maktûb, rappelons-nous qu'il est dit:
{ Notre sentence a déjà été prononcée relativement à la plupart d'entre eux }
(36.6) au sujet des incroyants.

Donc, si certains ont déjà choisi leur destin final, il est visible que d'autres sont encore en train de le tisser. pour faire simple, il faut comprendre que tout n'est pas "écrit d'avance" parce que Dieu a fixé originellement le destin de l'univers. La prédestination -et c'est là qu'elle n'est pas contraire à la résurrection (qiyama) -signifie qu'Allah Dieu -exalté soit-Il-, a ordonné l'univers en en fixant les lois intrasèques, les règles qui le régissent (mashî'a), qui elles-mêmes engendrent les oeuvres du monde. Déterminant le maktûb qui est le "cadre des possibles", il a ainsi écrit l'ensemble des oeuvres mais potentiellement, non effectivement.

D'où il ressort que la vie ici-bas est une mise à l'épreuve ayant pour objet de diriger vers la vertu et sublimera les grâces qui lui sont confiées par Dieu. Quel mérite pour l'être humain, s'il ne s'agissait pas de son intention propre? Quelle valeur a le châtiment s'il était de toute façon s'il était de toute façon inévitable pour celui qui le subit? Quelle justice dans ce Jugement là si Dieu -qu'Il me pardonne cette douloureuse démonstration-était un tel tyran?

Mais
{ Dieu n'est point le tyran des hommes }. Loin de sa gloire le blasphème de dire que Dieu a décrété par avance la souffrance des uns et le bonheur des autres! Il n'a -dans son infinie miséricorde- que fixé dans le maktûb les lois, les principes à suivre pour échapper aux sphères de souffrance du monde physique et atteindre les sphères de la félicité, laissant les hommes se guider vers ce à quoi leurs coeurs les portent.

Le Saint Coran ne révèle rien de chronologique et détaillé concernant la création du monde elle-même, après les 50000 ans symboliques de la pré-éternité du maktûb. Au plus, quelques versets évoquent-ils la création par Dieu de telle ou telle composante de l'univers sans préciser quand cela a lieu. Tout juste est-il écrit:
{ cela est pour Dieu bien aisé } (29.18)

Voici les informations dont nous disposons:
{
Dis: En vérité serez-vous infidèles envers Celui qui créa la terre en deux périodes? 
Lui donnerez vous des égaux? Celui-là est le Seigneur des mondes. 
Il a placé sur elle des sommets immobiles. Il l'a bénie. Il y a réparti avec mesure ses nourritures en quatre périodes, en proportion convenable, ceci pour ceux qui les cherchent .
De plus (Thumma) il se tourna vers le Ciel alors qu'il était fumée et Lui dit ainsi qu'à la terre: venez bon gré mal gré! Et le ciel et la terre dirent: Nous venons obéissants.
Il a décrété les sept cieux en deux périodes et à chaque ciel Il fixa son état par révélation.
Nous avons paré le ciel inférieur de luminaires et d'une protection. C'est une détermination du Puissant, de l'Omniscient
}
 (41.9-12)

Nous voyons qu'il n'est fait mention de chronologie précise, mais de périodes, de durées. Une période (yawm) correspond à un "Jour" au sens biblique. On retrouve donc l'idée selon laquelle il y eu deux "jours" de création du ciel et dela terre, puis quatre "jours" de création des êtres vivants. Mais le Noble Coran continue après les six jours en annoncant:
{ C'est Lui qui pour vous créa  ce qu'il y a sur la terre en totalité; thumma (par ailleurs, puis) s'en prenant droit au ciel en sept cieux l'harmonisa. De toute chose il est Connaissant. } (2.29)

Or, { Il a décrété les sept cieux en deux Yawm (jours, périodes) et à chaque ciel Il fixa son état par révélation } S'Il l'a fait après avoir créé tout ce qu'il y a sur terre, soit à la fin des six jours, nous totalisons au moins huit jours ce qui contredirait { qui a créé en six jours les cieux et la terre }.  Donc, les deux jours de création des sept cieux à partir d'un ciel qui n'était que "fumée" (dukhân) ont nécessairement eu lieu au cours des six jours, imbriqués en parallèle de la création de "la terre et tout ce qu'elle contient", ce qui expliquerait qu'Il créa { sept cieux et autant de terres } (65.12).

La terre et le ciel se forment d'une complémentarité réciproque, ce qui est prouvé par le verset:
{ C'est Lui qui pour vous créa la terre et le ciel pour abri } (2.22)

Pour ce qui est de la terre, il est écrit:
{ Il a élevé bien haut sa voûte puis l'a équilibré. Il a rendu obscure sa nuit en en faisant sortir le jour qui monte. Quant à la terre, après cela (baeda dhalika)- Il l'a étendu. Il a fait sortir d'elle son eau et son patûrage et jeta l'ancre des montagnes. (Tout cela) en jouissance pour vous et vos troupeaux. } (79.27-33)

Concernant le ciel:
{ N'avez-vous pas vu comment Dieu créa sept cieux en couches et (comment) il y placa la lune comme clarté et (y) placa le soleil comme flambeau? }. Si l'on recoupe ces informations, les deux jours de création des cieux et ces luminaires du jour et de la nuit précèdent le "déroulement de la terre", ou lui sont simultané, mais ne lui succèdent pas. La conjonction "thumma" a donc le sens de "de plus" et non "puis".

Il n'y a donc pas huit, mais bien six jours: deux jours de formation du ciel et de la terre et quatre jours de création de
{ ce qui est entre eux } (32.4) : les astres et les créatures, c'est-à-dire les êtres d'énergie subtile et les êtres de matière dense.
{
A Lui appartient ce qui est dans les cieux, sur la terre, entre eux, et sous la terre humide } . (20.6)
Une précision est donnée:

{ Et certainement nous avons créé au-dessus de vous sept voies: nous n'avons pas été insoucieux de la création. }  (23.17)
Ce qui rejoint { à chaque ciel il fixa son état par révélation } . (41.11)

Les samawât (les cieux) sont des couches, des voies correspondant à des degrés de révélation. Les sept jours correspondent à sept samawât qu'on peut qualifier de stades d'existence  plus ou moins denses (kathîf), plus au moins éthérés (latîf). Ce sont là les sept stations du processus d'élévation spirituelle, le tassawuf, que nous décrirons plus tard. Cette vérité mystique est préservée par le secret, car ici le Noble Coran s'exprime en parabole, et seuls les coeurs ouverts accèdent à ce savoir occulte.

Les sept stations occultes et spirituelles sont gardés par la crainte de l'errance mystique:
{ Nous avons construit au-dessus de vous sept robustes et nous y avons placé une lampe très ardente (wahhâj) } (78.12-13)
Le feu céleste est gardien du secret des cieux, il évoque l'Abîme (hâwiyah) décrite en Islam comme "un feu ardent" (nârun hamiyah). Nous avons donc un matériau riche en significations, ouvrant directement sur la méditation des voies du ciel, sur la quête des nourritures voluptueuses et sur la perfection de l'ordonnancement du monde, mais toutes ces informations sont éparses et leur confrontation paraît chaotique. De plus, il manque bien des informations sur la succession mythique des phénomènes, rien n'est dit de la création de la faune et de la flore, qui ne sont évoqués qu'à titre de "jouissance" des hommes. Comment ordonner et compléter ces informations?

Que la Paix soit sur vous mes frères!

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Dimanche 12 août 2007
par Salam publié dans : Le Traité des Califes communauté : La Tariqa des Califes
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Par le Très Saint Nom de la Divinité Miséricordieuse par Essence et par Excellence

"Rapport à la création des cieux et de la terre, à l'alternance de la nuit et du jour, il y a des ayat (versets, signes, miracles) pour ceux dotés de moelle [les intérioristes, les méditants]."

Quels sont ces versets, ses ayat, sur lesquels il nous est proposé de méditer? S'agit-il des versets cités plus haut? Quels sont les signes adressés à ceux qui cherchent la vérité jusqu'en Chine? Ne sont-ils pas dans le lointain passé biblique?

Le Pentateuque, nous le savons, est "inauguré" par le livre de la Génèse, c'est-à-dire du Commencement, lui-même débutant sur le Bérèshit, le récit des origines du monde. Or, non seulement ce livre décrit "la Création des Cieux et de la Terre" mais il le fait par "l'alternance de la nuit et du jour"! En effet, ce récit est ponctué par "Il y eu un soir, il y eu un matin" pour décrire la succession des périodes composant la création du monde. Aussi, c'est bien dans le Pentateuque (Tawrat) qu'il faut chercher les versets indiqués par le Noble Coran.

D'aucun pourraient s'étonner de devoir en référer à la Bible, et plus particulièrement au Pentateuque (Tawrat) alors que le Saint Coran contient tous les mystères (27.77). Cependant on ne peut embrasser l'ensemble des significations du Saint Livre sans culture des Ecritures qui l'ont précédé et qui détaillent parfois d'avantage les faits énoncés en rappel. De plus, il est dit au sujet des croyants qu'ils ne doivent faire aucune différence entre les livres de Dieu -exalté soit-il-:

"
Nous croyons à la descente sur nous opérée, à la descente sur vous opérée. Notre Dieu ne fait qu'un avec le vôtre" (29.45)

Si Allah Dieu -exalté soit-il- s'est exprimé différement au peuple hébreux, il faut considérer la Parole qu'il leur a accordé et la reconnaître pour aussi valable et bonne que celle reçue par les arabes:

"Avant le Coran, il existait le Livre de Moïse donné pour être le guide des hommes et la preuve de la bonté de Dieu. Le Coran le confirme en langue arabe, afin que les méchants soient avertis, et afin que les vertueux apprennent d'heureuses nouvelles" (44.11).

Il serait criminel d'oublier que les voies de Dieu ne connaissent nulle variation (35.42), et de dénigrer la Thora. En effet, il est écrit par ailleurs:

"Ô Croyants! Croyez en Dieu, en son Apôtre, au Livre qu'Il lui a envoyé, aux Ecritures descendues avant lui." (4.136)

Quant à ceux qui souhaiteraient détourner les croyants de ces Saintes Ecritures, il est dit:
"Ceux qui dérobent à la connaissance des autres les ayat [miracles, versets, signes] après que Nous les avons fait connaitre dans le Livre [le Pentateuque] soient maudits de Dieu et de tous ceux qui savent maudire" (2.154)

Aussi devons-nous aborder la Bible (même si celle-ci n'est pas un livre protégé et qu'elle a subi des modifications par rapport à la source révélée) avec piété et humilité, car notre science n'est que peu étendue. Nous avons certes à apprendre beaucoup des livres hébraïques, ainsi qu'il est dit:
"Dieu a stipulé avec les juifs qu'ils auraient à expliquer le Pentateuque aux hommes et qu'ils ne le cacheront pas" (si vous retrouvez le verset, merci de me le signaler, mais je ferais en sorte Fissa-bi-llah de le retrouver)

Certains musulmans "orthodoxes" pourraient encore rechigner à l'idée d'exploiter le contenu des traditions juives et de leurs livres. Ils essayeront pour se justifier d'employer le Noble Coran pour preuve de l'invalidité des livres antérieurs, prétendument pervertis. Mais nous reviendrons sur ce débat un peu plus loin. Pour l'heure, disons simplement qu'il n'y a aucune raison de douter de la bonne foi des israëlites concernant le récit de la Création. Il n'implique aucune forme de fraude vis-à-vis de la Loi et des commandements. Ceux-ci  furent révélés plus tard et c'est à leur sujet qu'il y a polémique et "procès de falsification".

Je vous invite donc à étudier la Création suivant la Génèse, mais pour commencer, il convient d'éclaircir la polémique trinitaire du Verbe, qui se doit de précéder cette étude.

Que la Paix se répende sur vous tous et  que l'Amour emplisse vos coeurs, insh Allah!

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Lundi 13 août 2007
par Salam publié dans : Le Traité des Califes communauté : La Tariqa des Califes
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Par le Très Saint Nom de la Divinité Miséricordieuse par Essence et par Excellence

Le peu que nous sachions sur le mode opératoire de la création consiste en ces mots: "kun fa yakun", c'est à dire "soit, et cela est". C'est par la verbalisation que le monde émane du néant. Le Kalâm -parole créatrice divine- est l'énergie créatrice elle-même, parousie du principe divin. 
Le Sauveur lui-même est dit "Loi et Logos" dans la Prédication de Pierre
Le kalâm, libère les potentialités du maktûb, c'est cette même énergie qui a instruit les Saints Prophètes de l'Ecriture (kutùb).

Dès lors que nous nous engageons dans le processus de création, on distingue le kalâm -la plume- et la Table Gardée. La Table Gardée est le "cadre d'existence" qui correspond au maktûb comme "cadre des possibles". 
{ Sachez donc qu'il y a un seul Dieu 
Qui a fait le principe de toutes choses, 
en étant aussi le maître de leur fin;
Et qu'Il est le Dieu invisible,
Lui qui voit tout;
impossible à contenir,
Lui qui contient tout;
dépourvu de tout besoin
Lui dont tous les êtres ont besoin et par qui ils existent;
incompréhensible, éternel, incorruptible;
non créé,
Lui qui a tout créé

Par la Parole de Sa Puissance } (Prédication de Pierre)


La gnose visualise cette Table Gardée sous la forme du Séraphin Israfil dont la "forme" est calligraphique, faite de combinaisons chiffrées en mouvement, reflètant la contemplation de la Table Gardée par le Séraphin.

La Table Gardée est porteuse du Destin par détermination des conditions d'existence (ahkam). Israfil en est l'unique lecteur, il s'apparente donc directement à cette "Mère du Livre" incréée, dont l'origine est à trouver dans la pré-éternité. Son plan d'existence se limite donc à l'absolu, il n'atteint pas le monde sensible de l'éphémère. Nous disons en cela qu'il est Premier Conscient, lieu d'épiphanie du divin. C'est ce que l'Evangile nomme le Logos.

"Au Commencement: le Logos, le Logos est vers Dieu, le Logos est Dieu.
Il est au Commencement avec Dieu. Tout existe par Lui, sans Lui, rien
" (Jean I,1-3)

Le premier Conscient est donc manifestation directe de Dieu, théophanie suprême, à tel point qu'on le confond avec Allah Dieu exalté Lui-même! Si l'on nous dit qu'il est "vers Dieu" (etslo
), "avec Dieu", pourquoi croit-on bon de dire qu'il "est Dieu"? C'est là certes une figure de style pour que nous comprenions qu'il manifeste Dieu dans le monde phénoménal, qu'il est un attribut divin.

Voici comment, dans le processus de création, de la "Mère du Livre", premier conscient -Logos
- s'engendre l'Esprit Saint (Ruh al-Quds) par une entrée dans la matière:

"Il est dans le monde, le monde existe par lui, le monde ne le connaît pas" (Jean I.10)
"Le Logos a pris chair. Il a fait sa demeure parmi nous, nous avons vu sa Gloire pleine de Grâce et de Vérité. Présence filiale-monogène qu'il tient du Père"
(Jean I.14)

Le Logos est ici le kalâm, Parole dans le monde soufflée par Dieu pour lui donner vie: "Celui sur qui tu verras descendre et demeurer le Souffle (Pneuma), c'est lui qui nous plonge dans l'Esprit Saint" (Jean I.33)

Il y a parallèle entre ce "fils monogène qui demeure au sein du Père
" et Adam recevant le Souffle Divin, mais nous y reviendrons plus tard. C'est cette descente du Souffle divin qui caractérise les Ben Elohim: élus de Dieu.

"Mais à tous ceux qui recoivent, à ceux qui croient en Son Nom, Il donne d'être enfants de Dieu. Engendrés ni du sang, ni de la chair, ni du vouloir d'un homme, mais de celui de Dieu" (Jean I.12-13)

Seyyidina Iohanân (Yahia, Jean-le-Baptiste) en témoigne:
"J'ai vu, j'atteste, c'est lui l'Elu de Dieu" (Jean I.34)
"Fixant les yeux sur Yeshua (Issa; Jésus-Christ, fils de Marie)
qui passait il dit: Voici l'Agneau de Dieu".

Le langage évangélique est très symbolique. Le Noble Coran rappelle sans équivoque qu'il n'est pas à prendre au pied de la lettre. Nous aborderons à ce sujet la question du Christ dans un chapitre réservé. Il est cependant Incarnation du Verbe, le Logos dans lequel et par lequel se révèle le Souffle (Pneuma) dans le monde, faisant correspondre son microcosm symbolique au macrocosm universel, dénotant l'accomplissement de son être. Le mot kamâl -signifie "parachevé". Il est fondé sur une permutation des lettres k.l.m du kalâm
et s'applique au Noble Coran et au caractère du Saint Prophête seyyidina Muhammad (sws).

Se faisant agneau et enfant, il reçoit la plénitude de grâce et de Vérité, et s'unit à l'âme du monde qui est vérité: haqîqa. Cette haqîqa est un autre nom pour l'Esprit Saint (Ruh al-Quds), l'essence de tous les prophêtes, l'
"Esprit de prophétie
" de l'Apocalypse. A la Table Gardée correspondait Israfil, au souffle de vérité correspondra Jibril (l'Archange Gabriel) (als). Il est dit "l'Hermès du monothéisme": messager porté par les vents, il fait communiquer la création avec le Créateur. 

On parlera de conscience seconde ou de Premier Emané, car à la différence d'Israfil, Jibril pénettre l'éphémère, il s'y épiphanise dans la révélation aux prophêtes et prophêtesses (Maryam, Marie est considérée comme telle bien qu'on préfere lui attribuer la fonction de Rapprochée, "sainte" dans le vocable chrétien). Verbe présent dans le monde, il est l'agent de Dieu exalté. Incarné en Sidna Issa bin Maryam (Jésus fils de Marie)(als), il est créature, mais à la différence des créatures coupées de leur source divine, il demeure subtilement uni au divin, car il est hors du monde dans le sein de Dieu exalté.

Il est l'expression de la divine transcendance, lumière de vie pour les hommes, démonstration de sa proximité.
"On t'interroge sur l'Esprit. Dis: l'Esprit est du ressort de Dieu et il ne vous a été donné de science qu'une part bien chétive" (57.85)

Le chrétien dira que l'Esprit Saint, le Pneuma, c'est Dieu Lui-même parce qu'au Commencement, dans la pré-éternité, rien ne le distingue de Lui. Cependant la création l'a depuis particularisé en faisant de lui son agent dans la création, car rappelons-le: le kalâm est Parole. Il accompli la volonté divine (irâda): kun fa yakun. 
C'est par la parole de Dieu exalté que Celui-Ci a créé le monde. Cette parole est l'expression du Divin, infusion (hulûl), émanation (atsilût
) de la Toute-Puissance dans la matière.

Qualifiée d'etslo -"auprès de"- il est fondu avec le Divin car parti prenante de son être mais il est créature car il appartient à Dieu exalté et ne le délimite pas. En effet, Dieu est aussi bien dans la parole créatrice que dans le silence contemplatif, caractérisé par le Trône du Septième Jour. Si donc la parole appartient à Dieu mais que Dieu n'a pas besoin de la parole pour exister, alors le kalâm n'est pas Dieu, il est tout au plus un attribut de Dieu (Sifât) dans le monde des phénomènes (alam al-shuhud
).

Or l'attribut n'est pas l'essence comme nous le verrons au sujet de nûr, la lumière. Le kalâm devient l'intermédiaire entre Dieu et la création, c'est pourquoi on l'appelle l'Esprit Saint (Ruh al-Quds), c'est par lui que s'accompli la communication. Lien unificateur, conscience universelle, le kalâm -Premier Emané- est l'âme du monde saint. C'est pour cela que l'archange Gabriel (als) qui en est la personnification est appelé Al-Amîn (l'Exaussé) et le cosmos Alamîn
(les mondes).

L'existence du kalâm nous montre qu'il y a une créature qui impulse les bonnes intentions humaines, l'Ange de Dieu, par lequel la Volonté Divine vient à s'accomplir à travers nous. La source de nos succès n'est ni notre propre individualité ni l'inspiration angélique, mais la Volonté Divine (iradâ
) qui a façonné l'ange et l'homme pour l'écouter, lui, le Dieu Unique et lui obéir consciemment ou inconsciemment. 

C'est en ce sens que nous accomplissons le "cadre des possibles", le maktûb, car celui-ci a prévu non pas notre agissement mais le mode opératoire de la guidance (Hidaya), laquelle nous a mené à agir. On pourrait voir dans cette "obéissance à la volonté divine" un déterminisme en opposition avec la liberté de destin. C'est là voir la volonté divine comme on voit une volonté humaine, or la irâda
n'est pas une prescription unilatérale mais une suggestion paradoxale.

Elle se manifeste par la guidance ou par la tentation, suivant la réceptivité de notre fort-intérieur. 
"Tout vient de Dieu, le mal vient de toi", 
car ce qui est mal, ce qui fait mal, c'est le péché, "Hethe" qui signifie "manquer la cible". C'est manquer l'acte voulu, manquer à notre direction, notre qibla
spirituelle.

"Nûn. Par le Calame et ce qu'on mit en lignes"
(68.1)
"Iqrâ (lis, ou rassemble)! Au Nom de ton Seigneur qui créa l'homme d'un accrochement ('alaq) ... Iqrâ! de par ton Seigneur Tout Générosité, Lui qui enseigna par le kalâm, enseigna à l'homme ce que l'homme ne savait pas" (96.1-5)

Cet aspect du kalâm "initiateur de la vérité", lumière des hommes, nous l'aborderons dans "l'élection initiatique", et "la Foi des Prophêtes" insh Allah. Pour l'heure, il est déjà bien compris comme agent de création, serviteur fidèle du Tout-Puissant. Rappelons qu'il n'en est pour autant pas un associé: sa volonté propre est pour ainsi dire nulle, de par sa parfaite soumission à Dieu. De ce fait, effacé, il n'est que l'outil, non une aide à laquelle selon certains, Dieu -qu'il juge les associateurs suivant Sa Volonté- aurait fait appel pour réaliser la Création.

Il est probable que vous sortirez choqués par de tels propos. Qu'Allah me pardonne, ma pensée n'est pas aisée à présenter... Mes frères, fissa-bi-llah
, relisez bien cet article avant de me répondre sur ce que vous pensez avoir compris de mon propos.


La Paix soit sur vous tous mes Frères et mes Amis!

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Lundi 13 août 2007
par Salam publié dans : Le Traité des Califes communauté : La Tariqa des Califes
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Par le Très Saint Nom de la Divinité Miséricordieuse par Essence et par Excellence

Selon la kabbale hébraïque, les rouleaux sacrés du judaïsme sont tout entiers dans la Thora, qui est toute entière dans la Génèse. Le livre de la Génèse est entièrement contenu dans le premier de ses textes, celui de la Création, qui lui-même est tout entier dans le premier verset, lui même compris tout entier dans le premier mot: "Bérèshit" qui donne son nom au livre, c'est à dire en francais: Génèse.

Ce mot formé de la préposition "" et du substantif "rèshit" fait l'objet de bien des conjectures. Les rabbins d'Alexandrie l'ont traduit dans le Pentateuque par "En Archê", puis il fut traduit dans la vulgate par "In Principio". Toujours est-il qu'on y voit un mystère d'écriture. On annonce par ce mot la description d'évènement in illo tempore, par delà l'espace-temps, ceux qui ont fait la structure ordonnée du monde dans l'éternité. 

"Rèshit" signifie bien "commencement", mais aussi "tête", ce qui donne à penser que le Bérèshit est une vérité ésotérique, non une description scientifique des phénomènes de l'origine du monde.

Ici la création est une vérité originelle, donc permanente. Il s'agit bien d'une méta-histoire:
{Tout habitant des cieux et de la terre Le sollicite, chaque jour Il s'affirme dans quelque intervention... } (55.29)
La loi qui régente cette activité est "l'effet boule de neige", la conjonction des causes pour produire un effet voulu, qui lui-même aura des répercussions multiples. Cette loi, c'est le kalâm qui l'accompli, fidèle aux normes édictées par Allah Dieu -exalté soit-Il.

Aux origines est le sens de toutes choses, la cause expliquant l'effet. Le "" contient "Bérèshit", lui-même contenu dans la lettre Beith, qui donne en arabe le mot Beit: il indique la maison ou la chambre. Il s'agit du lieu où l'on demeure, lieu nuptial et lieu de sommeil, donc de potentiels créatifs, germe de vie. Rappelons que chaque sourate du Noble Coran, et particulièrement la première -Al-Fatiha- débute par le Basmala, donc par la lettre ', de même valeur kabbalistique que le beith hébreux, à valeur numérique égale à 2.

La meilleure traduction obtenue pour Bérèshit est "premiers", qui implique aussi la notion de meilleurs. Sont premiers et meilleurs d'entre tous le ciel et la terre, le subtil et le dense, l'énergie et la matière. Nous sommes face à la dichotomie originelle, qui n'est pas un dualisme distinguant grossièrement le bien du mal. Il s'agit d'une réalité à deux visages: latif-kathif, occulte-apparent.

Cette dichotomie est rendue par le nom de Dieu exalté dans le Bérèshit : Elohim, le Dieu pluriel, qu'on retrouve en filigrane dans " 'lm", le mystérieux "'Alif Lâm Mîm" présent au début de plusieurs sourates. 

" Premiers créa Elohim : ciel et terre"
( Gen I, 1).
Traduit communement par:
{ Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
Ce verset confirme l'imbrication de la création du ciel et de la terre lors des deux premiers "jours".

Terre vide solitude ( tohû wabonû), noir sur la face des fonds (maïm) et souffle d'Elohim, mouvements sur la face des eaux. }
 
( Gen I, 1-2)
Traduit communement par:
 { Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l'abîme et un vent de Dieu agitait la surface des eaux;}
"Tohû" est un désert sans piste, un non-être, une non-signification.

Le message est clair, le monde en soi est vacuité, non-sens par son origine. L'initié reconnait la nature "absurde" de la terre, le monde phénoménal. "Wabonû" traduit par "vague", "informe" se retrouve dans Isaï 34, 11 : "Yhvh y tendra le corbeau du chaos et le niveau du vide". La terre étendue est plane, ce qui sous tend que la matière est inerte, le relief symbolisant la vie. le monde est mort en son commencement. "Wabonû" est aussi signalé dans Jérémie 4, 23 : "J'ai regardé la terre : un chaos ; leur lumière a disparu".

L'abîme initial est obscure, ce qui reflète la vacuité immanente. La terre est chaos, abîme "sur la face des fonds".

Nous sommes dans l''ayîn animé par le "souffle d'Elohim" - le pneuma de l'Esprit Saint - qui produit les "mouvements sur la face des eaux", telle que la pierre qui tombe sur un lac et entraine le flux des eaux limpides de l'esprit en des cercles concentriques.
La vie s'étend en créant l'espace-temps. partant de l'absolu, le kalâm anime les formes évanescentes par la contemplation du Seraphin Israfil. Le même mot hébreu signifie vent, souffle de vie, esprit. Hors Beith, de valeur numérique égale à 2 est récéptivité, c'est le "Toi" crée qui reçoit le "Je" créateur comme un vase emplit d'eau vive.

Seyyidina Yeshua (Issa, Jésus-Christ) sur lui la paix, en parle dans l'évangile de Thomas, considéré comme apocryphe par l'Eglise:

"
Lorsque vous ferez le deux Un et que vous ferez l'intérieur comme l'extérieur,
l'extérieur comme l'intérieur, le haut comme le bas, lorsque vous ferez du masculin et du féminin un Unique, afin que le masculin ne soit pas un mâle et que le féminin ne soit pas une femelle, lorsque vous aurez des yeux dans vos yeux, une main dans votre main, un pied dans votre pied, une icône dans votre icône, alors vous entrerez dans le Royaume!"

Ce qu'il faut comprendre, c'est que la division dichotomique ne doit pas faire croire qu'il n'y a pas d'unité cosmique mais des univers distincts. Nous le verrons plus loin au sujet du Mi et du Ma.

Unir, connaitre, faire co-naître les principes dualisés de la création, c'est rentrer dans le Maïm, l'abîme initiale d'indifférenciation. Le noir est bien la couleur des étendarts du Mahdi (le Bien Guidé) qui a pour fonction d'amener au monde la bonne lecture du Livre, qui inaugure la fin des temps, l'entrée dans l'absolu de la post-éternité.

Ainsi les premiers versets du Bérèshit ne sont pas un ordre mais un chaos ontologique que seul le souffle fait mouvoir. On comprend alors que ce souffle (pneuma) est bien l'expression de force du kalâm, "Mère du Livre" qui constitue la véritable entité vitale du cosmos; le créé n'a aucune substance en soi, c'est le souffle d'Allah qui lui confère une "ipséité". Le véritable soi du créé est le "Moi" incréé.

L'univers est réceptacle du divin transcendant. Sa vie, son contenu unique c'est la présence divine (hadra). Les soufis le savent bien lorsqu'ils traduisent le tawhîd "lâ illâha illâ llâh" par "il n'y a de réalité que la divine réalité" Cette réalité est la haqîqa que nous sommes appelés à conscientiser, étant ainsi rappelés à l'anihilation dans le Je divin, le "fâna bi-llah".

{ Il en est de celui qui évoque le souvenir de son Seigneur et de celui qui ne l'évoque pas comme il en est du vivant et du mort } (rapporté par Muslim).

La dichotomie ciel-terre est sublîmée dans l'unicité divine. Le 2 créé contient le 1 créateur, de leur noce naîtra le 3 adamique, tierce conscience, second émané.

Par l'anihilation dans le Je divin, nous actualisons le maïm et pouvons vivre le Bérèshit dans notre microcosm individué, découvrant dans le récit créatif notre propre structure, comme révélation de notre création personnelle. En arabe, bashar ne signifie-t-il pas la forme humaine? Cette découverte nous conduira à retrouver notre fitra, notre nature originelle dans le souffle divin, le lait matriciel.

C'est ainsi que le mystique Hallaj s'est écrié "ana-l-Haqq", je suis la Vérité. Il eu été plus exact et plus vrai de dire ana-l-haqîqa, car al-Haqq est plus grand et impénétrable, c'est le divin à l'état pur, hors des cycles de causalité, or du temps et de l'espace, au delà de l'être et du non-être.

{ "En est-il parmi vos associés qui guide au Vrai?" Dis:"Or Dieu guide au Vrai. Alors Celui qui guide au Vrai n'a t'Il pas les titres les plus vrais à être suivi, ou celui qui bien ne se guide, sauf à être lui-même guidé?" } (10.35)

Si Hallaj a voulu signifier qu'il vivait un état de transe extatique, un instant d'éternité, il n'aurait pas dû le communiquer pour en perdre le bénéfice par une verbalisation "à chaud" et heurter les gens du commun par des propos relevant de la folie de ravissement. Passion divine, illusion (nahm) qualifiable d'hérétique (saw al adab). Mais le propre des illuminés est de ne pas se contrôler raisonnablement, c'est la pneuma lui-même qui s'est affirmé en Hallaj, ce kalâm de perfection faisant office d'oracle. C'est une locution paradoxale (shath), elle se destine à ébranler les esprits.

Que la Paix soit sur vous tous insh Allah

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Lundi 13 août 2007
par Salam publié dans : Le Traité des Califes communauté : La Tariqa des Califes
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Au lendemain de Septembre 2001, dans le contexte de la Lepenisation des esprits, j'ai continué mon petit bonhomme de chemin spirituel et me suis tourné vers une foi que je connaissais bien mal jusqu'alors. M'étant précédement surtout intéressé aux origines juives du christianisme, au shamanisme, à l'animisme, au druidisme, au paganisme, à l'hindouisme, au Tao et au bouddhisme, j'ai choisi d'étudier une autre grande religion décriée parce que visiblement coupée de notre cadre occidental: l'Islam. 

J'en suis ressorti convaincu. J'ai tenté d'en appréhender la substantifique moelle et j'ai rencontré l'amour pour cette sapience inédite venue d'orient, comme autrefois le christianisme. J'en ai cherché les valeurs, les fondements, l'ésotérique révélation, la logique, l'expérience. Mon coeur succomba au ravissement devant sa majesté et sa lumière.
Même si j'en connais les ombres, je n'ai qu'une envie: les faire reculer elles et non reculer moi-même dans le rejet impossible de ce que j'ai acquis de vérités. 

Après le temps passant, je fus amer, puis écoeuré de cette obscurité, voire
obscurantisme. Mais celui-ci cependant n'est pas le signe de "sa mauvaise graine", car il n'est de graine mauvaise en vérité qui vienne de cet arbre là: c'est le signe de la mauvaise terre dans laquelle elle pousse, celle des coeurs les plus enflés d'orgueil, de jalousie, d'intolérance et de suffisance, celle des esprits les plus étriqués, les plus incapables de remise en question méthodique. Il est bien entendu que ce sont ceux-là qui nous causent tant de mal, qui décrédibilisent la splendeur de la Révélation.

Car l'Islam n'est pas à l'image de ses pratiquants dévots, sinon dans ce qu'ils ont de plus pur et de plus indéniable: une foi, une certitude authentique et inébranlable en leur Seigneur. En France il y a dans l'Islam ses cultures et ses signes, sa langue et ses dialectes,
des signes de fierté qui jamais ne se laisseront perdre par la peur de la bastonade des états-policiers.

Pourtant tout n'est pas rose. L'avenir est, pour cette foi, ce culte et cette communauté, des plus menaçants. Vérolée par l'extrêmisme, corrompu par la récupération des nihilistes de la cité, de ceux qui vivent dans le mal malgré leur arrogante clameur du Nom d'Allah, pervertie par une jurisprudence obsolète et des dogmes ajoutés à la Parole de Dieu, refusant toute remise en question d'une moindre ponctuation ou du moindre accent dans sa lecture, divinisant le Livre sous sa forme concrète et actuelle, abrogeant toute représentation possible de cela même qui n'est pas sacré, portant la femme à demeurer l'être soumise à son père, puis à son mari sans jamais vivre librement en dehors du cadre féminin et de ce que lui octroie la piété religieuse, un nouvel islam est né, celui du temps figé. Et cela, moi qui suis un homme de progrès, je ne peux l'accepter passivement.

Au regard des propagandes d'une République ou la seule religion acceptable serait celle des chrétiens, à la limite celle des philosophes agnostiques ou athés et , allez pourqoi pas aussi celle des bouddhistes; au regard d'une France qui n'y comprend rien et confond le voile islamique et l'excision des peuplades d'Afrique Noire, au regard d'une communauté religieuse qui ignore sa propre richesse intellectuelle parce qu'elle n'en a pas bénéficié et s'est laissé placer sous le joug des ulama du traditionalisme nouveau wahabite, un cri de liberté - hommage à la grandeur et à l'implacable volonté que Dieu a de sauver l'homme de son propre mal- doit se faire entendre.

C'est ce cri là qui fondera le véritable devenir de notre communauté ici. C'est en vérité celui-là,
le nouvel Islam de France.

Paix sur tous les hommes, frères les uns des autres, sans distinction de race, de sexe, de croyance ou de nationalité! Que cette Paix soit à jamais présente en vos coeurs contre les "cyber-résistances" fascisantes, au sens de ceux qui "résistent" c'est à dire qu'ils ne tiennent leurs positions intellectuelles que par attachement à leur ego. C'est dans la Paix de l'Esprit que se trouve l'ouverture aux autres, non dans le sentiment défensif perpétuel, nourrie de colère, de haine ou de rage.
Ne résistez pas à l'amour universel, si nécessaire en ces heures d'inimitiée!!

Amîn.

Salam

Mardi 14 août 2007
par Salam publié dans : Généralités communauté : Révolution Spirituelle 2012
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Nous ne réalisons pas toujours à quel point nous vivons une époque magnifique. Je dis cela en sachant pertinement que certaines fois, nous sommes submergés par le flot des nouvelles hécatombes. Il est facile d'être catastrophés par les maux de la société, par les désastres écologiques, par les guerres insolubles. Toutes ces choses ont une existence qui n'a rien d'illusoire, cependant en nous focalisant sur le mal nous faisons pâlir l'or du possible, nous affadissons la lumière du siècle en sombrant dans le désespoir.

La mondialisation nous amène à considérer l'instauration d'une culture planétaire, une civilisation sans frontières. Il y a là potentiellement une grande espérance, celle du retour au plus petit dénominateur commun: l'humanité. C'est pour cette raison que l'humanisme fait son chemin contre le matérialisme, même si l'humanisme n'est qu'une étape vers un retour du spirituel.

Le défi qui se pose à nous est simple: créer un monde responsable, qui ne laisse plus sur le bord de la route les plus faibles mais leur accorde un