Contrairement au Canada, aux Pays-Bas et aux autres intervenants qui préconisent des stratégies pluridimensionnelles axées à la fois sur la sécurité, la saine gouvernance, la reconstruction et le
développement, les Français sont moins enclins à intégrer tous ces éléments dans leur politique concernant l’Afghanistan.
Ils préfèrent se concentrer sur la sécurité. La France a adopté une attitude ferme à l’égard de la FIAS et de l’OEF, soutenant que les deux sont étroitement liées et que l’Alliance devrait
consacrer toutes ses énergies à stabiliser le pays et à combattre le terrorisme et le trafic de stupéfiants.
Si elle soutient les efforts de la communauté internationale dans les domaines de la reconstruction, de la gouvernance et du développement, et si elle est elle-même active dans ces domaines, elle
ne pense pas que l’OTAN doive ou puisse être efficace sur tous ces plans. La France n’a pas d’EPR et ne croit pas que ces équipes jouent un rôle important en Afghanistan [12].
Pour envoyer des troupes à l’étranger, le gouvernement français n’a pas besoin de débattre de la question au Parlement ni d’obtenir un mandat de ce dernier. L’Assemblée nationale exerce tout de même une certaine influence, puisque c’est elle qui contrôle les dépenses budgétaires.
La France compte environ 1 300 soldats au sein de la FIAS, y compris quelque 280 militaires chargés d’entraîner membres des Forces armées et des contingents spéciaux de l’Afghanistan (une
priorité pour la France) et 540 militaires déployés au sein du Commandement régional de la capitale de la FIAS à Kaboul.
En 2007, la France a transféré à Kandahar quatre chasseurs-bombardiers Mirage basés jusque-là au Tadjikistan. Ces appareils sont affectés à des missions de renseignement et de soutien aérien
rapproché [13], y
compris l’appui aux forces terrestres canadiennes. Environ 400 militaires français sont déployés dans le cadre de l’OEF en Afghanistan et dans la région. Le nombre de militaires français tués en
Afghanistan s’élève à 12.
La mission en Afghanistan a largement contribué à la redéfinition de la politique française à l’égard de l’OTAN. Depuis 2001, le changement d’orientation de l’Alliance, en faveur des
responsabilités hors zone, gagne en popularité en France [14].
En septembre 2007, le président Sarkozy a même annoncé que son pays était prêt à réintégrer la structure de commandement militaire de l’OTAN, dont il s’était retiré en 1966 [15], et préconisé l’adoption par l’UE d’une politique de sécurité et de défense plus ferme.
La France demeure fermement résolue à appuyer les efforts de la FIAS et de l’OEF en Afghanistan. Au cours de sa visite à Washington, en novembre 2007, le président Sarkozy a déclaré que « la
France restera engagée en Afghanistan aussi longtemps qu’il le faudra, car ce qui est en cause dans ce pays, c’est l’avenir de nos valeurs et celui de l’Alliance Atlantique ».
La quantité d’ADP fournie par la France rend bien compte de l’accent mis par cette dernière sur la sécurité en Afghanistan. Treizième principal fournisseur d’aide bilatérale à l’Afghanistan, la
France se classe dernière à ce chapitre parmi tous les pays dont il est question dans le présent document, auxquels s’ajoutent les États-Unis et le Canada.
En 2004-2005, l’Afghanistan ne figurait même pas parmi les 15 premiers bénéficiaires de l’ADP fournie par la France [16]. Celle-ci préfère accorder ce genre d’aide à l’Afrique, où se trouvent 12 de ses 15 premiers bénéficiaires. N’empêche qu’elle a fait des contributions appréciables à
la reconstruction et au développement dans divers secteurs, dont l’assistance humanitaire, la lutte antidrogue, la formation de juges et la création du Parlement afghan, ainsi que la santé et
l’agriculture.
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